Mon premier CD acheté fut celui de Sting ...Nothing like the sun, en 1987. Le boitier est assez lourd (normal, la galette a couté dans les 150 francs) et sur le premier morceau, la batterie tranchante de Manu Katché semble vous dire : « bienvenue dans l'ère numérique, plus de craquements ni de kseksekse ».
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Mais comme presque tout le monde à l'époque, le vrai choc fut procuré par Brothers in arms, sorti en 1985 et premier album entièrement réalisé en numérique (« DDD = utilisation d'un magnétophone numérique pendant les séances d'enregistrement, le mixage et/ou le montage et la gravure »). Après le rond et confortable So far away (le numérique, une expérience digne d'un Bourbon dans un fauteuil club), l'entêtant Money for nothing vous faisait décoller dès l'intro dans laquelle on entend le même Sting sussurer « I want my... I want my MTV ». Premiers tonnements et roulements de la batterie qui me filent encore des frissons dans l'échine au moment où j'écris ces lignes... jusqu'au riff de la mort.
Un riff de la mort pour la naissance du CD audio !
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Un autre souvenir de l'époque d'avant fut ma première découverte d'un radio-cassette-laser avec dedans le dernier opus de Madonna :-( J'appuie sur « avance rapide » et là je passe de chanson en chanson, directement depuis le début ! Faut se souvenir, pour ceusses qui ont eu l'honneur de claquer presque tout leur argent de poche dans les 33 tours, quel tour de force pouvait représenter la pose du saphir précisément au début d'une chanson (particulièrement en soirée, après deux ou trois verres). Et les craquements et autres rayures, qui pourrait les regretter ?

Autre révolution : la face unique. A l'époque du vinyl, chaque face durait en moyenne vingt minutes et pas mal d'artistes jouaient de cette dualité dans la composition de leur album (une face avec des vocaux, l'autre avec des instrumentaux). Les doubles albums comptaient 4 faces (eh oui !), à part Big World, du génial mais parfois un peu mégalo Joe Jackson, qui n'en comptait que 3 ! Ah oui, une autre anecdote me revient à l'esprit : 1987, première édition en CD du mythique Sergent Pepper's Lonely Heart Club Band. Je me souviens avoir lu alors (dans Télérama ?) que grâce à la précision du numérique, on pouvait désormais entendre en tendant l'oreille une chaise de l'orchestre craquer légèrement à la fin de A Day in the Life, alors que ce bruit n'avais jamais été discernable sur les pressages en vinyl (c'est vrai !). En revanche, ce même album s'est vu amputer de sa chute lors de son passage en polycarbonate : à la demande de John Lennon, une boucle psychédélique composée de dizaines de voix et d'effets avait été placée à la toute fin du sillon afin que les platines qui ne disposent pas du retour du bras automatique la joue à l'infini (on imagine les cauchemars engendrés...). Avec le CD, il fallut trancher : quelques secondes de délire, pas plus !
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Pour des infos plus "factuelles"...
http://fr.wikipedia.org/wiki/Compact_disc

L'histoire du CD selon Philips
L'histoire du CD selon Sony

Crédits photo : Sony et Philips.