Mosaic de souvenirs
Par Olivier le jeudi 15 février 2007, 13:18 - réseaux - Lien permanent
Back in 1994. A
cette époque, pour se connecter au Net depuis une université, il faut monter
une carte réseau Ethernet, installer ses pilotes, puis la pile TCP-IP,
également appelée en anglais « socket ». Cette dernière permet à votre
micro autiste de se mettre à communiquer avec les serveurs de la Terre entière,
par le biais de la novlangue técépéipé. S'offrent à vous alors une multitude de
serveurs Telnet en mode ligne de commande, de copieux FTP regorgeant de
fichiers abscons, la messagerie mondiaaale sans vraiment avoir d'annuaire...
Bref, pleins de trucs super, mais rapidement un peu... chiants.
images et liens
Jusqu'à ce que vous télédéchargiez depuis un serveur FTP anonyme le logiciel
Mosaïc, dont on commence à entendre parler doucement. Développé au centre de
recherches américain NCSA (National Center for Supercomputing Applications) par
le jeune Marc Andreessen, Mosaïc est le premier logiciel à donner un sérieux
coup de boost à une partie de l'Internet pourtant active depuis trois
ans : le Word-Wide Web. Première chose qui saute aux yeux : les
images ; deuxième truc qui tue : le lien sur lequel on clique !
Mosaïc est la première illustration de l'hypertexte étendu à l'échelle de la
planète.
Fini les listes interminables de répertoires à descendre ou monter avant de
trouver son malheureux manuel en txt : d'un lien d'un seul, on peut passer
de la page d'accueil à une page enfouie dans les profondeurs du serveur, et
même à une page hébergée sur un serveur distinct à l'autre bout du monde. Cela
n'a l'air de rien aujourd'hui, mais à l'époque, cette notion de passerelle
invisible fait fureur : c'est la première fois que l'on peut se connecter
à un serveur sans en connaître explicitement l'adresse. L'internaute découvre
alors la navigation, le butinage, et les yeux qui piquent au bout de plusieurs
heures de clics nonchalants.
playmates à gogo
Mosaïc, c'est également les fonds de pages gris, les listes à boules rouges
et jaunes et l'audace gagnant les webmasters en devenir : les gifs animés.
Je me rappelle ma perplexité devant une petite molécule chimique tournant sans
fin au bas d'une page, comme si je redécouvrais le dessin animé.
1994 marque également la divulgation du Web au public français, avec ses
premiers « noeuds » de trafic. Le Cnam (Conservatoire national des
arts et métiers) fait parait-il partie des sites les plus consultés : un
succès en partie dû à la qualité de ses contenus, certes, mais facilité
certainement par une page enfouie qui affiche à chaque rechargement... une
nouvelle playmate !
Bref, Mosaïc symbolise la naissance de tout un tas de trucs chouettes désormais
incontournables sur le Web. En septembre de la même année, un collègue me
refile une adresse comme on se refile un bon plan : il s'agit du serveur
FTP pour télédécharger la version 0.94 d'un nouveau logiciel dont on dit
beaucoup de bien, Netscape. Mais, comme dirait l'autre, il s'agit d'une autre
histoire...
Commentaires
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