Bienvenue dans l'âge ingrat de la micro
Par Olivier le lundi 27 novembre 2006, 22:13 - micro-informatique - Lien permanent
Attaquons nous aujourd'hui à une des
activités les plus chronophages de nombre d'adolescents des années
quatre-vingt : la saisie de listings informatiques dans leur
micro-ordinateur personnel. Pendant des heures, la tâche consistait à entrer
des milliers (millions ?) de caractères afin de pouvoir jouer au pendu,
solitaire ou autre Pong...
corne aux deux index
Le peu de standardisation de la micro à l'époque (avant le PC) poussait le jeune à rechercher les listings concernant précisément sa bécane : Sinclair ZX81, Amstrad CPC464 ou Oric 1, les modèles étaient nombreux. Les canards à fournir de quoi se parfaire la corne des deux index étaient nombreux : l'Ordinateur individuel, l'Ordinateur de poche, SVM, Tilt et bien sûr le fameux Hebdogiciel.
Ces publications trouvaient parmi leurs lecteurs passionnés de quoi noircir
à bon compte plusieurs pages de code, sans avoir à fournir trop
d'illustrations. Les plus riches comme l'OI avaient parfois recours à un
illustrateur pour donner une idée alléchante (et forcément un peu trompeuse) de
l'utilitaire ou du jeu obtenu après le travail d'ascèse incontournable.
N'oublions pas que parler de 3D serait un horrible anachronisme, le paradigme
graphique de l'époque était le sprite, forme mal dégrossie pouvant servir de
héros ou de vilains, et donc le nombre d'occurrences simultanées à l'écran
démontraient les performances de la machine.
traces d'ongles
Piment supplémentaire ou cerise sur le gâteau (selon son degré de
masochisme) : les claviers de nos micros étaient tout sauf
« normaux » et faciles à utiliser. Le ZX-81, par exemple, se
caractérisait par un clavier plat de type touche de télécommandes dans lequel
les traces d'ongles mal coupés faisaient harmonieusement leur apparition au
bout de plusieurs jours d'utilisation. Le clavier électro-mécanique
(grosso-modo celui que nous connaissons aujourd'hui, était un luxe réservé aux
machines professionnelles.

vieille cassette défraîchie
Le chemin du pré-geek était toutefois semé d'embûches sérieuses. La plus
stressante étant sans conteste la bête panne de courant survenue à
l'antépénultième ligne de code, juste avant de pouvoir goûter aux joies de ce
énième clone de Pac-man. De quoi vous rendre quasiment psychopathe sur les
coups de minuit. Autre source de troubles non négligeables, la cassette. Car
dois-je le rappeler aux jeunes générations qui seraient tombés par mégarde sur
ce blog et dont les yeux auraient négligemment parcouru les lignes de ce billet
jusqu'ici (impossible ?) : les clés USB n'existaient et il fallait copier
tous ses programmes sur une cassette audio avec un magnétophone (si !). La
vieille cassette défraîchie aura été coupable de nombreuses pertes de
programmes au cours des ces années. Plus vicieux encore : la sauvegarde de
quatre heures de travail avec le volume d'enregistrement à zéro !!! (j'en ai
encore des frissons dans le dos).
Bref, c'est pas pour rien que depuis on appelle l'adolescence l'âge ingrat
!
Pour retrouver les listings d'Hebdogiciel
Commentaires
Merveilleux souvenirs en effet...
Pour ma part, je me souviens du clavier moelleux du MO5 dans lequel on s'enfonçait et qui rendait impossible toute frappe rapide et efficace.
Je me souviens des boucles en Basic et de mes premières (et dernières en fait) tentatives de programmation.
Je me souviens aussi - étant une fille sérieuse et pas un garçon porté sur le jeu du solitaire - avoir ressorti le MO5 pour mon bac. Mon père m'avait concoté un petit programme pour réviser, et j'avais entré une quantité incroyable de questions/réponses en histoire et géographie. Pearl Harbour ? 7 décembre 1941. Vrai ! J'ai passé de longues heures à bachoter face à mon MO5 chéri ce mois de juin 1988...
Je me souviens des cassettes et du magnétophone, ou plutôt je viens de me le rappeler en te lisant car j'avais oublié cet accessoire improbable...
Enfin je me souviens de mon premier cours d'informatique, en 1989 je crois : un cours magistral en amphithéatre, sans ordinateur bien-sûr. Il était question de disque dur, de bus... et j'imaginais des mini-navettes se promenant dans les circuits intégrés. J'ai fait des progrès depuis.
Enfin bravo pour ce blog, original et réussi ! Allez persévère ! Moi j'aime beaucoup les blogs contrairement à toi, et entrouvrir la porte sur les jardins secrets, les obsessions ou les talents des autres...
Merci pour tes encouragements, charmante inconnue (quoique j'ai ma petite idée...) et pour tes commentaires. Celui-ci en particulier est tout à fait dans la lignée de ce que j'essaie de faire avec ce blogs : le partage de souvenirs. Après les débats participatifs, voici venu le temps des souvenirs participatifs !
PS : j'ai plus de doute du tout je viens de voir ton mail dans le commentaire : merci de ta visite !