Bienvenue dans l'âge ingrat de la micro

On commence doucement par une intro et quelques illustrations sympa...Attaquons nous aujourd'hui à une des activités les plus chronophages de nombre d'adolescents des années quatre-vingt : la saisie de listings informatiques dans leur micro-ordinateur personnel. Pendant des heures, la tâche consistait à entrer des milliers (millions ?) de caractères afin de pouvoir jouer au pendu, solitaire ou autre Pong...

corne aux deux index

Le peu de standardisation de la micro à l'époque (avant le PC) poussait le jeune à rechercher les listings concernant précisément sa bécane : Sinclair ZX81, Amstrad CPC464 ou Oric 1, les modèles étaient nombreux. Les canards à fournir de quoi se parfaire la corne des deux index étaient nombreux : l'Ordinateur individuel, l'Ordinateur de poche, SVM, Tilt et bien sûr le fameux Hebdogiciel.

Ces publications trouvaient parmi leurs lecteurs passionnés de quoi noircir à bon compte plusieurs pages de code, sans avoir à fournir trop d'illustrations. Les plus riches comme l'OI avaient parfois recours à un illustrateur pour donner une idée alléchante (et forcément un peu trompeuse) de l'utilitaire ou du jeu obtenu après le travail d'ascèse incontournable. N'oublions pas que parler de 3D serait un horrible anachronisme, le paradigme graphique de l'époque était le sprite, forme mal dégrossie pouvant servir de héros ou de vilains, et donc le nombre d'occurrences simultanées à l'écran démontraient les performances de la machine.

traces d'ongles

Piment supplémentaire ou cerise sur le gâteau (selon son degré de masochisme) : les claviers de nos micros étaient tout sauf « normaux » et faciles à utiliser. Le ZX-81, par exemple, se caractérisait par un clavier plat de type touche de télécommandes dans lequel les traces d'ongles mal coupés faisaient harmonieusement leur apparition au bout de plusieurs jours d'utilisation. Le clavier électro-mécanique (grosso-modo celui que nous connaissons aujourd'hui, était un luxe réservé aux machines professionnelles.
...puis on poursuit en attaquant le code

vieille cassette défraîchie

Le chemin du pré-geek était toutefois semé d'embûches sérieuses. La plus stressante étant sans conteste la bête panne de courant survenue à l'antépénultième ligne de code, juste avant de pouvoir goûter aux joies de ce énième clone de Pac-man. De quoi vous rendre quasiment psychopathe sur les coups de minuit. Autre source de troubles non négligeables, la cassette. Car dois-je le rappeler aux jeunes générations qui seraient tombés par mégarde sur ce blog et dont les yeux auraient négligemment parcouru les lignes de ce billet jusqu'ici (impossible ?) : les clés USB n'existaient et il fallait copier tous ses programmes sur une cassette audio avec un magnétophone (si !). La vieille cassette défraîchie aura été coupable de nombreuses pertes de programmes au cours des ces années. Plus vicieux encore : la sauvegarde de quatre heures de travail avec le volume d'enregistrement à zéro !!! (j'en ai encore des frissons dans le dos).

Bref, c'est pas pour rien que depuis on appelle l'adolescence l'âge ingrat !

Pour retrouver les listings d'Hebdogiciel

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