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  <title>legrenier : toute la nostalgie du futur, avec de vrais morceaux de passé - Tag - pionniers</title>
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  <description>Dans ce grenier, plein de vieux robots, des terminaux et, devant leur claviers, des zozos...</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 27 Aug 2008 16:48:32 +0200</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>Micral : le premier micro-ordinateur est né dans les champs !</title>
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    <pubDate>Tue, 11 Sep 2007 17:56:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>micro-informatique</category>
        <category>1973</category><category>André Truong</category><category>François Gernelle</category><category>Henri Lilen</category><category>Micral</category><category>micro-ordinateurs</category><category>pionniers</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/micraln.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.micraln_m.jpg&quot; alt=&quot;Un Micral dans les champs&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Le premier micro est né un arrosoir
« à la main ». L'objectif du Micral de 1973 n'était effectivement pas
moins que de déterminer s'il fallait ou non arroser les champs, en fonction de
la température et de l'humidité ambiante. Un premier épisode bucolique, donc,
raconté par Henri Lilen, dans son ouvrage &lt;em&gt;La saga du micro-ordinateur&lt;/em&gt;
et que nous reproduisons ci-dessous.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/chevron-ouvrant.gif&quot; alt=&quot;Début de citation&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Au début des années soixante-dix, André
Truong crée (...) l'entreprise R2E. (...) Cette société démarre dans le
sous-sol de son appartement, à Châtenay-Malabry, dans la banlieue parisienne.
Selon M. Truong, &lt;q&gt;elle se destinait à fabriquer des moutons à cinq pattes qui
donneraient naissance à des moutons à quatre pattes. On cherchait l'objet
miracle.&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
Dès le départ, André Truong a dans l'esprit la réduction des volumes des
matériels électroniques, proposant comme slogan : &lt;em&gt;'Small is
beautiful&lt;/em&gt;'. C'est lui qui inventera, par la suite, le concept du
&lt;em&gt;downsizing&lt;/em&gt; (...).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Cela étant, en 1972, M. Perrier, de l'INRA (Institut national de la recherche
agronomique) demande à la jeune société de mettre au point un système
informatique à moindre coût, destiné à la recherche agricole et qui puisse être
transportable.&lt;br /&gt;
C'est François Gernelle, directeur de Recherche et Développement à la R2E, qui
répondra : &lt;q&gt;Si j'ai bien compris votre application de contrôle de
processus, vous estimez que le prix d'un mini-ordinateur PDP 8 4K, de DEC (45
000 francs) est trop élevé pour votre budget. Aussi, je vous propose de vous
faire un calculateur pour la moitié de ce prix.&lt;/q&gt; Ce qu'acceptera M. Perrier,
qui donnait ainsi, sans s'en douter, le feu vert à l'une des épopées les plus
fulgurantes de notre siècle, la naissance de la micro-informatique.&lt;br /&gt;
André Truong et françois gernelle savent qu'Intel, aux Etats-Unis, vient de
lancer un nouveau microprocesseur deux fois plus puissant que le tout premier
microcontrôleur 4004, car travaillant désormais sur huit bits, le 8008, Ils
commandent ce circuit et françois gernelle met son équipe sur le projet. Cinq
mois seront nécessaires pour réaliser le premier micro-ordinateur, baptisé
Micral. Cette première machine est vendue au prix de 8 450 francs,
approximativement le prix d'un PC actuel. Mais cinq fois moins que le PDP 8
4K ! La mission impossible avait été accomplie !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En effet, l'accord signé avec l'INRA prévoyait une livraison du système complet
(automate mécanique, chaîne d'acquisition bas niveau, imprimante et
calculateur) pour le 30 décembre 1972. Il s'agissait d'un système de mesure et
de calcul d'évapotranspiration des sols par la méthode dite du bilan d'énergie.
Il fallait commander un automate prenant diverses mesures de température et
d'humidité relatives à différentes hauteurs au-dessus du sol. L'objectif :
détecter s'il fallait ou non arroser le maïs et les autres cultures. La machine
devait être autonome et supporter de travailler dans les champs. &lt;q&gt;Pendant
trois mois, raconte François Gernelle, j'ai travaillé 18 heures par jour, sans
quasiment voir le jour !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Industrialisé et commercialisé en avril 1973, le Micral N est ainsi le premier
micro-ordinateur du monde. Il fonctionne sur une fréquence d'horloge de 0,5 Mhz
et son processeur ne dispose que de 51 instructions. Il ne possède ni écran, ni
clavier : les entrées sont assurées à l'aide de commutateurs et
l'affichage s'effectue sur des voyants, le tout placé sur la face avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les versions suivantes verront la mise en oeuvre d'un Télétype, puis de
claviers et d'écrans, dès que la technique et les prix le permettront. En
effet, la machine sera aisément développée à mesure de l'apparition de nouveaux
composants. (...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les débuts du Micral sont toutefois difficiles, dans la mesure où les
clients potentiels français, bien qu'intéressés, n'accordent pas leur confiance
à une nouvelle machine ne provenant pas des Etats-Unis.&lt;br /&gt;
André Truong se voit contraint de présenter ce Micral à la grande messe
informatique américaine de l'époque, l'exposition NCC (National Computer
Conference), où il recueille des appréciations favorables et des articles
élogieux. C'est d'ailleurs une revue américaine qui qualifiera cette machine de
&lt;em&gt;microcomputer&lt;/em&gt;, donnant ainsi naissance au mot
&lt;em&gt;micro-ordinateur&lt;/em&gt; (1).&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/chevron-fermant.gif&quot; alt=&quot;Fin de citation&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://ec1.images-amazon.com/images/I/51MTWW5W3QL._AA240_.jpg&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;Source : Henri Lilen, &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/saga-micro-ordinateur-Une-invention-fran%C3%A7aise/dp/271175331X/ref=sr_1_1/171-7321720-4989819?ie=UTF8&amp;amp;s=books&amp;amp;qid=1189526028&amp;amp;sr=8-1&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;La saga du micro-ordinateur&lt;/a&gt;, Vuibert, 2003.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(1) A noter que François Gernelle revendique la paternité du terme, comme il
l'explique dans son intervention &lt;em&gt;La naissance du premier
micro-ordinateur&lt;/em&gt; (lien ci-dessous) :&lt;br /&gt;
&lt;q&gt;Lorsque je déposai mes brevets en 1973, l'agent de brevets refusa d'utiliser
dans les revendications le terme que je lui proposais :
&amp;quot;micro-ordinateur&amp;quot;, car il paraît que les choses novatrices doivent être
écrites avec des termes connus... dommage !&lt;/q&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux interventions de François Gernelle, disponibles sur le site de
l'Association pour l'histoire des télécommunications et de l'informatique
:&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;La naissance du premier micro-ordinateur : le Micral N : &lt;a href=&quot;http://mapage.noos.fr/ahti/CNAM%2090.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://mapage.noos.fr/ahti/CNAM%2090.pdf&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Communication sur les choix architecturaux et technologiques qui ont
présidé à la conception du « Micral », premier micro-ordinateur au
monde : &lt;a href=&quot;http://mapage.noos.fr/ahti/Toulouse1998.pdf&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://mapage.noos.fr/ahti/Toulouse1998.pdf&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;Désolé, je suis parti trop tôt...&quot;</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/07/07/Desole-je-suis-parti-trop-vite</link>
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    <pubDate>Sat, 07 Jul 2007 11:16:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1965</category><category>1978</category><category>1996</category><category>1998</category><category>2000</category><category>2001</category><category>Human-links</category><category>Idéliance</category><category>Newton</category><category>pionniers</category><category>Ted Nelson</category><category>transclusion</category><category>Xanadu</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/Colomb.gif&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.Colomb_s.jpg&quot; alt=&quot;Christophe Colomb, trop pionnier quelque part&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;Dans le domaine de
l'innovation comme dans celui de l'amour, adopter le bon timing est chose
capitale&lt;/strong&gt;. Concentrons-nous sur l'innovation (vous trouverez pas loin
d'ici tout un tas de blogs consacré à l'amour), j'entame aujourd'hui une liste
de pionniers et d'inventions géniales et qui, pourtant, n'ont pas rencontré le
succès escompté. Faute de rencontrer leur public.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;- Human-links (2001) : réseau social à partir de ses propres favoris,
un des piliers du Web 2.0 (&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/post/2007/06/13/Humains-contre-moteurs-%3A-la-guerre-ne-date-pas-dhier&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;j'en parle ici&lt;/a&gt;) ;&lt;br /&gt;
- Idéliance (2000) pour la gestion des connaissances (&lt;a href=&quot;http://olivier.roumieux.free.fr/articles/148-ideliance.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;j'en ai parlé ici&lt;/a&gt;) ;&lt;br /&gt;
- Apple et son PDA (Personal Digital Assistant) Newton (1996), ancêtre
encombrant du Palm (&lt;a href=&quot;http://www.obsolete-tears.com/photos/Apple-Newton-OMP.jpg&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;on le
voit ici&lt;/a&gt;) ;&lt;br /&gt;
- Oracle et son Network Computer (&lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/1998/NC_17-09-98.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;on en
parle ici&lt;/a&gt;) en 1996, fondu aujourd'hui dans le client léger ;&lt;br /&gt;
- au milieu des années 60, Ted Nelson installe la &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/tag/transclusion&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;transclusion&lt;/a&gt; (copies virtuelles et décentralisées de
documents) au coeur de son système Xanadu ;&lt;br /&gt;
- Black Devil Disco Club (1978), le pionnier français Bernard Fèvre s'était
accroché un peu tard à la disco, sans prévoir la techno ; il revient grâce
à un sample des Chemical Brothers (&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/culture/musique/232779.FR.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;on en
parle ici&lt;/a&gt;) ;&lt;br /&gt;
- Canalweb (1998), à la fois héros et victime de la bulle Internet, vaincu
notamment par un RTC persistant et un ADSL trop tardif (&lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/1998/NC_17-09-98.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;on en
parle ici&lt;/a&gt;) ; dommage au regard des Dailymotion et TV Perso
d'aujourd'hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Liste interrompue suite à mémoire discontinue, merci de compléter dans les
commentaires...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Légende de la gravue : Christophe Colomb est parti bien trop tôt pour
rencontrer Paris Hilton, quel gâchis !&lt;br /&gt;
(source : http://www.vivamexico.info/Index1/Conquete.html)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/07/07/Desole-je-suis-parti-trop-vite#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>[ Futura ] : « au bout de trois erreurs nous faisons feu »</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/12/19/Futura-%3A-au-bout-de-trois-erreurs-nous-faisons-feu</link>
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    <pubDate>Tue, 19 Dec 2006 21:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>réseaux</category>
        <category>1982</category><category>Calvados</category><category>communautés virtuelles</category><category>Jean-Marc Royer</category><category>Lionel Lumbroso</category><category>pionniers</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/apple2.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/./.apple2_s.jpg&quot; alt=&quot;En pleine conversation sur Futura ?&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Prolongeons aujourd'hui notre
incursion dans les premières communautés virtuelles françaises avec le cas
Futura. Perdu dans les limbes des premiers BBS (Bulletin Board System), on ne
dispose plus guère de traces de ce forum originel. Même son créateur, Jean-Marc
Royer, a quelque mal à dater sa première connexion. Une chose est sûre, nous
sommes au XXème siècle, la petite boîte marron du Minitel s'apprête à débarquer
chez les Français qui ne se doutent pas de grand chose. En ce début des années
quatre-vingt, ce ne sont pas les prémices de l'annuaire électronique qui
excitent les ados de l'époque, mais bien plutôt le boom de la
micro-informatique.&lt;br /&gt;
« A 14 ans mon père à amené un ordi à la maison (il était dans
l'informatique), je ne me rappelle plus du modèle, un gros bouzin, ça marchait
sous OS – Operating System - CPM). J'ai trouvé ça rigolo. Le premier truc que
j'ai fait fut d'appuyer sur la mauvaise touche et d'effacer complètement les
disques systèmes, ce qui l'a planté pendant une semaine... Après je l'ai
squatté pour faire des programmes de jeux en texte. Ensuite j'ai voulu avoir
mon propre ordi pour ne plus le partager avec mon père, j'ai commencé avec un
ZX81, mais c'était un peu limité (c'est le moins qu'on puisse dire). J'ai donc
économisé pour m'acheter le top du top à l'époque un Apple II... »&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;une connexion simultanée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce serait donc vers 1982 que Jean-Marc programme le logiciel qui allait
animer son méga-forum. « Futura était un site fait en Basic qui tournait
sur Apple II, avec une carte modem. On se connectait dessus en RTC (Réseau
téléphonique commuté) avec un modem (300 ou 1200 bauds au choix, ça
dépotait...). La société Apple m'avait prêté un truc exceptionnel pour
l'époque : un disque dur de 5 Mo (ouais c'était high-tech grave de la
mort), qui permettait des capacités de ouf par rapport aux lecteurs de
disquettes de base. »&lt;br /&gt;
Au départ, le service accepte une (1) connexion simultanée !
« J'avais imaginé mettre des batteries d'Apple II pour gérer chacun une
voie mais c'était un peu usine à gaz. » On imagine surtout la tête des
parents en voyant le salon envahi par les boîtes de plastique beige... Bref, le
jeune fournisseur d'accès ne mit pas longtemps à adopter un PC sous Unix (QNX
pour être précis) pour pouvoir augmenter le nombre de connexions
simultanées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;jeu de rôle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Laissons Jean-Marc se remémorer quelques tranches de vie
« futuresques » : « Le site était fait sur le modèle d'une ville
et se déroulait comme un jeu de rôle de l'époque : un texte s'affichait en
te décrivant verbalement où tu étais et ce que tu pouvais faire et
l'utilisateur pouvait taper sa réponse ou le nom du lieu où il voulait
aller.&lt;br /&gt;
Lorsque tu te connectais tu arrivais à la porte de la ville. Un garde te disait
&amp;quot;Qui va la ? Donnez le mot de passe pour entrer, au bout de trois erreurs
nous faisons feu&amp;quot;. Tu tapais ton mot de passe et le garde te répondais &amp;quot;Ça va,
bonjour XX, vous pouvez rentrer dans la ville&amp;quot;. Après tu pouvais aller dans
différents bâtiments : le café pour parler avec d'autres utilisateurs dans
des forums, la mairie pour changer son mot de passe et pour les trucs
administratifs, etc. Il y avait même des catacombes qui correspondaient à une
rubrique secrète réservée aux initiés.&lt;br /&gt;
Les utilisateurs discutaient dans les forums de divers sujets. Je me rappelle
que des utilisateurs avaient organisé un vote où ils donnaient une note à leurs
anciens amant(e)s. J'y ai découvert qu'une de mes ex-petites amies m'avait
donné un 12/20, ce qui m'avais pas mal vexé.... mais bon j'étais jeune, je
manquais d'entraînement, j'ai amélioré mon score par la suite.&lt;br /&gt;
Déjà à l'époque les sujets de discussions étaient les mêmes qu'aujourd'hui...
»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;shérif chez Calvados&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'analogie de la cité développée par Futura pour symboliser les différents
lieux de discussion est reprise quelques temps plus tard par Calvados pour ses
propres forums. La rencontre entre le programmeur et la jeune société se fait
d'ailleurs dans des circonstances assez pittoresques, relatées par Howard
Rheingold dans son fameux ouvrage sur les communautés virtuelles (1) :
« Deux autres utilisateurs de Calvados rencontrés chez Lumbroso, Jean-Marc
et Jean-David, me firent penser aux jeunes adolescents comme eux que j'avais
rencontrés en Amérique et au Japon. Ils avaient commencé à s'intéresser à
l'informatique vers l'âge de onze ou douze ans, s'étaient passionnés pour
l'exploration des serveurs télématiques par l'intermédiaire de leurs modems et
avaient trouver le moyen d'utiliser ces serveurs sans payer : ils
'pirataient' ces systèmes. Un jour, sur un forum de Calvados, l'un d'eux fit
une gaffe qui révélait qu'il n'était pas l'utilisateur dont il utilisait le
compte d'abonné. Lumbroso, en découvrant que son ami et lui avaient piraté son
service, prit instinctivement l'initiative brillante de les doter de comptes
gratuits et d'en faire les 'shérifs' du service, chargés de veiller à sa
sécurité. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;un Apple II dans la cave&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Futura comptera jusqu'à 400 utilisateurs inscrits. Mais après quelques
années de vives discussions en ligne, le forum est fermé faute de temps
(« La dernière entrée sur le site est datée du 12.01.1987 à 16h44m50
») : la majorité aidant, Jean-Marc Royer fonde sa première société
éditrice de services télématiques, Crystal-Technologie.&lt;br /&gt;
Aujourd'hui Jean-Marc Royer dirige sa propre société (Netino) après avoir
proposé, au travers de la start-up Foorum l'accès en marque blanche aux
newsgroups mondiaux de Usenet ! Grâce au Grenier, il a pu l'espace de
quelques instants se replonger avec émois dans les souvenirs de ses premières
connexions.&lt;br /&gt;
« Il ne me reste qu'un rouleau d'imprimante avec la liste des personnes
qui se sont connectés sur le site, et le site lui-même sous la forme de mon
vieil Apple II qui dort sagement dans ma cave. Sauf que, vu qu'il n'a pas été
allumé depuis 20 ans, je doute qu'il soit très opérationnel ;-) »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(1) Howard Rheingold, Les communautés virtuelles, Addison-Wesley, 1995.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/12/19/Futura-%3A-au-bout-de-trois-erreurs-nous-faisons-feu#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Calvados : la première communauté virtuelle française</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/12/11/Calvados-%3A-la-premiere-communaute-virtuelle-francaise</link>
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    <pubDate>Mon, 11 Dec 2006 15:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>réseaux</category>
        <category>1981</category><category>Calvacom</category><category>communautés virtuelles</category><category>Lionel Lumbroso</category><category>pionniers</category><category>télématique</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/Dos_150-1_orig.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/./.Dos_150-1_orig_m.jpg&quot; alt=&quot;Des copains avec Calvados&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Peut-être avez-vous déjà entendu
parler de Calvacom, ce serveur télématique des années quatre-vingt et qui a pu
donner un avant-goût de cyberculture à un certain nombre de pionniers chanceux.
En revanche, son appellation d'origine Calvados est nettement moins passée à la
postérité. On retrouve quelques bribes (récit et coupures de presse) de
l'aventure sur le site de Lionel Lumbroso, son co-fondateur (&lt;a href=&quot;http://www.lumbroso.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.lumbroso.fr&lt;/a&gt;). Inspiré des
premières communautés virtuelles américaines comme The Source et de réseaux
commerciaux tels que Compuserve, Calvados tire son origine de sa prédilection
pour les ordinateurs à la Pomme !!! Proposer un service en ligne payant en
misant sur un système d'exploitation (DOS) carburant au Calva relève d'une foi
et d'un optimisme de cyber-charbonnier.&lt;/p&gt;    &lt;h2&gt;la pomme sans pépin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le projet est né à l'American College de Paris en 1981. L'anecdote ici
encore est fondatrice. L'institution s'était dotée d'un ordinateur central, un
Harris 500 (?), mais les terminaux n'étaient pas en assez grand nombre et donc
les ressources peu exploitées. « &lt;em&gt;L'intervention d'un jeune étudiant de
l'ACP, Howard Marks, lassé de faire la queue comme tous les étudiants pour
avoir accès aux terminaux encore trop peu nombreux, et demandant s'il lui
serait possible de relier son Apple II de chez lui au Harris, provoque l'idée
&amp;quot;Calvados&amp;quot; : permettre à d'autres Apple II de se connecter au Harris et de
leur proposer des services&lt;/em&gt; ». Le réseau est ainsi né sous l'auspice de la
Pomme et intègre dès le départ nombre de revendeurs et de passionnés. Apple,
bien que bienveillante à son égard et partenaire ponctuelle (ses clients se
verront proposer d'office les services de Calvados), se garda par la suite de
mettre des billes dans la société afin de lui éviter les pépins (ah ah).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;recapitalisation et investissements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que trouve-t-on chez Calvados ? De la messagerie, des forums, des
panneaux d'affichage (BBS, Bulletin Board System), du télédéchargement de
logiciels, puis les cours de la Bourse, des dépêches AFP ainsi que d'autres
services, certains accessibles simultanément sur le Minitel naissant. C'est en
1986 que, suite à une recapitalisation, on met de côté le nom d'origine pour le
plus pro « Calvacom ». S'ensuit une série d'investissements pas tous très
heureux, aux dires rétrospectifs de François Benveniste, qui allait prendre la
tête de la société en 1993. Les Cités thématiques font leur apparition,
comprenant chacune un forum, une bibliothèque, et une « convivialité »,
lieu de dialogue en direct. Le Mac perd son exclusivité puisque les PC et les
Minitel ont désormais droit eux aussi à Calva. Ce dernier demeure alors ce
mélange de communautés et de services professionnels à forte valeur ajoutée. On
compte en 1987 6 700 abonnés, dont 20% d'entreprises et 80% de particuliers).
C'est d'ailleurs au travers de ce service que Ariel Wizman fera découvrir
quelques années plus tard les autoroutes de l'information au lectorat
d&lt;em&gt;'Actuel&lt;/em&gt;, dans un des premiers articles grand public consacré à la
question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;aînés américains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/Com_1heure.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/./.Com_1heure_s.jpg&quot; alt=&quot;Calvacom offre une heure&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Comparé au coûts fixes du Minitel (et
à la gratuité de son terminal), la tarification de Calvacom demeure complexe
(installation, durée, services, communication) et nécessite de la part de
l'intéressé un réel investissement. Calvacom bénéficie de l'aura de ses aînés
américains, dont certains ne vont pas tarder à venir le concurrencer sur son
propre territoire : l'ancêtre Compuserve en 1993, le très grand public AOL
en 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1995 est lancé Calvanet, un service dédié à l'accès à l'Internet doté d'une
tarification simplifiée (240 francs par mois puis 120 francs de l'heure de
connexion, sans compter les coûts France Telecom). Mais les premiers
« Fournisseurs d'accès à Internet (FAI), comme World-net, FranceNet ou
ImagiNet, imposent peu à peu le modèle de simple fournisseur de tuyaux :
les richesses du Web n'allaient pas tarder à rencontrer leur public...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site &amp;quot;officiel&amp;quot; de &lt;a href=&quot;http://www.lumbroso.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Lionel
Lumbroso&lt;/a&gt;, fondateur de Calvados (d'où sont tirées les deux illustrations de
ce billet)&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.cybertribes.com/CALVACOM.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Calvacom, un
réseau électronique à taille humaine&lt;/a&gt; (Cybertribes)&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.apple-collection.com/HTMPub/pub.Calvados.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Publicités Calvados et Calvacom&lt;/a&gt; des années 80 (Apple collection)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PS : le titre est en forme de provocation, si vous connaissez ou avez
fréquenté (ou mieux encore fondé) la &amp;quot;première communauté virtuelle en France&amp;quot;,
contactez-moi en m'envoyant un minimum d'infos.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Envoûtants sorciers du Net</title>
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    <pubDate>Tue, 07 Nov 2006 17:05:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>ma bibliothèque</category>
        <category>Archimag</category><category>Arpanet</category><category>Louis Pouzin</category><category>pionniers</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/sorciers.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/./.sorciers_s.jpg&quot; alt=&quot;Les sorciers du Net&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Un jour
de février 1966, alors qu'il pénétrait dans son bureau situé au Pentagone, Bob
Taylor, directeur d'un des services de l'Arpa (Advance research projects
agency), se mit à contempler les trois terminaux qui lui permettaient d'accéder
aux serveurs de trois centres de recherche américains. « Chacun avait une
procédure de connexion spécifique. Taylor les connaissait toutes, mais cela
l'agaçait de devoir se rappeler quelles instructions adresser à quel
ordinateur. Et, plus agaçant encore, après avoir ouvert la session, il devait
se rappeler les commandes spécifiques à chaque environnement. » Voici une
des constatations fondatrices d'un bouleversement technologique majeur de cette
fin de siècle : la création du réseau Internet.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Un des premiers mérites de cet ouvrage, c'est de replacer clairement les
motivations initiales du projet : construire un réseau transcontinental
d'ordinateurs pour faciliter les échanges et les travaux des chercheurs
américains. La dimension militaire – un réseau indestructible parce que
décentralisé - n'était qu'un des aspects du projet. On suit ainsi l'aventure
des ingénieurs chargés de mettre en place les premières connexions. Aventure
n'est point trop fort, étant donné l'ampleur de la tâche, le nombre
d'intervenants et l'aboutissement mondial du projet. D'autant que les travaux
sont encore très rares sur les origines de l'Internet. On sait peu par exemple
que la réalisation du premier réseau, l'Arpanet, a été confié à un cabinet de
conseil relativement modeste, BBN (Bolt Beranek &amp;amp; Newman). Les auteurs –
américains – remettent d'ailleurs à l'honneur un chercheur français, Louis
Pouzin, dont le réseau à commutation de paquets Cyclade a inspiré certaines des
caractéristiques du protocole TCP-IP. Le récit est émaillé d'anecdotes,
d'échecs et de réussites, mais surtout de passions. Quoique parfois un peu
ardue (sujet oblige !), la narration est accessible à tous les lecteurs.
Arpanet, TCP-IP, messagerie, Ethernet, l'histoire du Réseau des réseaux est
brossée en quelques tableaux historiques devant lesquels le lecteur comprend la
stupidité de chercher qui est LE père de cet enfant naturel qu'est
l'Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai écrit cet article pour le mensuel Archimag en avril 1999 (1) et, foin
de fausses modestie, je l'aime bien. Mais c'est surtout le bouquin évidemment
qui est passionnant, si l'on s'intéresse un tant soit peu à l'Internet et aux
processus d'innovation. Y a-t-il d'autres livres de cette trempe qui sont
sortis en France, je ne sais pas. Merci de me les signaler si vous en
connaissez. Depuis, Louis Pouzin est tout de même un peu plus reconnu en
France, notamment grâce à &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/cgi-bin/ACHATS/acheter.cgi?offre=ARCHIVES&amp;amp;type_item=ART_ARCH_30J&amp;amp;objet_id=954522&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;ce beau portrait&lt;/a&gt; paru dans Le Monde le 5 août dernier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/sorciers-du-Net-Katie-Hafner/dp/270212951X/sr=11-1/qid=1162917891/ref=sr_11_1/403-8602147-7352432&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Les sorciers du Net&lt;/a&gt; / Katie Hafner, Matthew Lyon. -
Paris : Calmann-Lévy, 1999&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(1) &lt;a href=&quot;http://www.archimag.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Archimag&lt;/a&gt; n°124, mai
1999.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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