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  <title>legrenier : toute la nostalgie du futur, avec de vrais morceaux de passé - Tag - communautés virtuelles</title>
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  <description>Dans ce grenier, plein de vieux robots, des terminaux et, devant leur claviers, des zozos...</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Thu, 09 Oct 2008 19:49:34 +0200</pubDate>
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    <title>70's : Power to the digital people !</title>
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    <pubDate>Wed, 27 Aug 2008 18:28:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>micro-informatique</category>
        <category>1972</category><category>1973</category><category>Altair</category><category>Apple</category><category>Basic</category><category>communautés virtuelles</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2008/PCC.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2008/.PCC_m.jpg&quot; alt=&quot;People's Computer Company&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;People's Computer Company, aoû 2008&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Les nouvelles générations l'ont
peut-être oublié, mais le micro-ordinateur, tout du moins sa version
américaine, est une création autant politique que technologique. Avant que les
grandes compagnies et le capitalisme ne les récupèrent en même temps que leur
créateurs, leur mission était de redonner du pouvoir numérique au peuple. Dès
1987, Philippe Breton se penchait sur cet épisode fondateur de la
micro-informatique dans son ouvrage &lt;a href=&quot;http://www.librarything.fr/work/1911276/book/32336837&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Une
histoire de l'informatique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/chevron-ouvrant.gif&quot; alt=&quot;Début de citation&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Début de citation, sep 2007&quot; /&gt;Le
micro-ordinateur est né d'un projet social formulé au début des années
soixante-dix par un groupe radical américain, qui avait surtout comme souci la
démocratisation de l'accès à l'information, plutôt qu'un désir d'innovation
technique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;une compagnie d'ordinateurs pour le peuple&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Toute l'affaire semble avoir commencé en 1970 à l'université de Berkeley, en
Californie, en plein milieu de la crise du Cambodge où plusieurs groupes
d'étudiants férus d'informatique et de programmation, mais aussi constituant un
des fers de lance du mouvement contre la guerre du Viêt-nam, décidèrent de
mettre leurs connaissances techniques au service de leur cause politique. Deux
ans plus tard, la revue radicale &lt;em&gt;People's Computer Company&lt;/em&gt; annonçait
que « &lt;em&gt;les ordinateurs étaient principalement utilisés contre le peuple
au lieu de le libérer&lt;/em&gt; ». L'article concluait : « &lt;em&gt;Il est
temps de changer tout cela, nous avons besoin d'une compagnie d'ordinateurs
pour le peuple&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;
Il n'était évidemment pas encore question de micro-ordinateurs : une
première réalisation de ce projet politique sera &lt;em&gt;Resource One&lt;/em&gt;, une
sorte de communauté informatique installée dans un local d'artistes de la
banlieue industrielle de San Francisco et organisée autour d'un IBM XDS-940,
machine légèrement obsolète pour l'époque. Une « base de données urbaines
», accessible à tous, collectait toutes les informations utiles aux activités
communautaires de la région.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;démocratie directe en matière d'information&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Un second projet vit rapidement le jour en août 1973, &lt;em&gt;Community Memory&lt;/em&gt;
(« &lt;em&gt;Mémoire communautaire&lt;/em&gt; »), utilisant cette fois-ci un réseau de
terminaux dispersés dans toute la région. L'objectif était toujours
« &lt;em&gt;une démocratie directe en matière d'information&lt;/em&gt; ». Le système
fonctionnait sans contrôle central sur les informations que chacun pouvait
introduire ou lire à son gré. &lt;em&gt;Community Memory&lt;/em&gt; était présentée comme
une alternative à l'usage dominant des médias électroniques qui provoquaient la
passivité des usagers. Les radicaux californiens retrouvèrent, peut-être sans
le savoir, les accents exacts des critiques que Norbert Wiener formulait trois
décennies plus tôt, lorsqu'il dénonçait les systèmes programmés où
l'information remontait et ne redescendait jamais et où tous les actes de
l'homme étaient prévisibles. La lutte de ces jeunes radicaux était donc bien
dans l'esprit des débuts de la cybernétique, une lutte contre l'entropie que le
système politique américain semblait générer. L'un de leurs objectifs était de
lutter concrètement contre la politique du secret en matière d'information, ce
qui était également l'un des piliers de la pensée de Wiener.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;une société de communication transparente et pacifique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
La démocratie américaine voyait s'enfoncer de plus en plus en son sein un coin
constitué par le poids croissant de la défense nationale. Le secret qui
entourait tout ce qui touchait aux activités militaires s'étendait chaque jour
davantage et menaçait à terme les valeurs fondamentales de l'Amérique. Dans un
pays où le respect de la vie privée était sacré et où l'institution – fréquente
en Europe et dans les pays totalitaires – des « documents
d'identité » restait inconnue, un service comme la NSA – National Security
Agence – pouvait, au nom des intérêts de de la défense, posséder secrètement,
et en dehors de tout contrôle démocratique, la plus grande base de données
probablement jamais réalisée sur la vie privée de millions de citoyens. A la
dernière guerre mondiale avait succédé la guerre froide, la guerre de Corée,
puis celle du Viêt-nam, où l'ordinateur avait systématiquement été utilisé dans
un contexte d'opacité maximale. Ce que la lutte contre le nazisme avait
légitimé ne paraissait plus être valable dans le contexte extérieur d'une
guerre d'origine coloniale. Tout cela, pour beaucoup d'Américains, semblait
contraire à la nature même de cette technologie qui devait permettre, comme
Wiener l'avait souhaité, l'avènement d'une société de communication,
transparente et pacifique.&lt;br /&gt;
Évidemment, les tentatives de la « mémoire communautaire »
constituait un faible moyen pour réaliser un tel projet. Le « peuple », on
s'en doute bien, n'était pas le principal consommateur de ce système d'
« information à accès libre ». De plus il y avait quelque chose de
paradoxal à vouloir lutter contre IBM – pour ce que représentait cette
compagnie – avec... des ordinateurs IBM dont l'architecture était conçue dans
un esprit centralisateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Kentucky Fried Computer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
La solution à ce problème fut en quelque sorte trouvée en 1975 à Albuquerque,
Californie, où fut mis au point l'Altaïr, premier véritable micro-ordinateur
commercialisé. Plusieurs groupes réfléchissaient alors à la possibilité de
créer une technologie alternative, avec des moyens simples. Ces groupes avaient
pris des noms en résonance avec l'esprit frondeur de l'époque : Loving
Grace Cybernetics, IBM pour Itty-Bitty Machine Company, ou Kentucky Fried
Computer, en référence à la chaîne de restauration rapide de poulet, et puis
aussi Apple dont l'emblème rappelait aussi bien la compagnie de disques créé
par les Beatles que les accents rustico-écologiques du mouvement contestataire
de l'époque. Le premier logo d'Apple était formé par un blason d'un style assez
vieillot représentant Newton sous un arbre d'où pendait... la fameuse pomme de
la connaissance.&lt;br /&gt;
Le radicalisme de l'époque était en effet un mélange assez savoureux de
gauchisme éventuellement marxiste, de bouddhisme zen, d'écologie
« survivaliste », de musique rock et électronique, de science-fiction
mâtinée de retour aux sources. Certaines communautés vivaient en Californie
dans des campements à l'orée des villes, mangeant autour des feux de camps des
plats végétariens – éventuellement garnis de champignons hallucinogènes – et
conjuguant les attraits de la stéréophonie, de l'électronique et du retour à la
nature. Ces hordes barbares – au demeurant très pacifiques – d'un nouveau genre
partaient à la conquête du vieux monde pour lui imposer une culture égalitaire.
Le micro-ordinateur naquit au sein de ce milieu, mais son succès dépassa
immédiatement les espérances de départ. L'Apple II de Stephen Wozniac et Steven
Jobs, conçu et construit au départ dans un garage, apporta rapidement la
fortune à ses fondateurs. Une partie des bénéfices fut investie... dans le
financement de deux gigantesques festivals rock, l'un en 1982, l'autre l'année
suivante.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;une personne, un ordinateur&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Le micro-ordinateur avait trouvé rapidement des relais en dehors du mouvement
contestataire. Le gouverneur de Californie, Jerry Brown, fut l'un des hommes
qui encouragèrent la généralisation de l'usage de cette nouvelle informatique.,
à l'origine, disait-il, d'une « culture entièrement différente » où
« l'information est l'égalisateur et met à bas la hiérarchie ». L'annonce
du modèle suivant d'Apple, le Macintosh, s'accompagnera d'un slogan en
continuité avec les origines de la micro-informatique et affirmant sa vocation
universelle : « Le principe de la démocratie tel qu'il s'applique à
la technologie est : une personne, un ordinateur. »&lt;br /&gt;
Le micro-ordinateur trouvera ses véritables lettres de noblesse quand les
grandes compagnies, et pour finir IBM elle-même – qui attendra tout de même
1981 pour lancer son Personal Computer -, se lanceront à leur tour à l'assaut
du marché de l' « informatique conviviale ».&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/chevron-fermant.gif&quot; alt=&quot;Fin de citation&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;Fin de citation, sep 2007&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Miracle du Web, on peut désormais lire en ligne la fameuse revue People's
Computer Company, tout du moins quelques-uns de ses numéros !&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.digibarn.com/collections/newsletters/peoples-computer/index.html&quot; hreflang=&quot;en&quot;&gt;http://www.digibarn.com/collections/newsletters/peoples-computer/index.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;

On apprend à l'occasion que Bob Albrecht, l'un de ses fondateurs, fut pendant
longtemps un ardent partisan du langage Basic, meilleur moyen selon lui pour
les masses de reprendre le pouvoir face aux informaticiens qui codaient alors
en Fortran, langage considéré par beaucoup comme relativement ésotérique.&lt;br /&gt;
Dire qu'à quatorze ans, lorsque je faisais mon premier « &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/post/2006/12/01/Bonjour-le-monde&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Hello World&lt;/a&gt; » Basic,
je participais à la Révolution de l'informatique pour les masses... Trop
cool !&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Une Mygale dans mon verre de bière</title>
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    <pubDate>Wed, 03 Oct 2007 21:33:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>réseaux</category>
        <category>1997</category><category>communautés virtuelles</category><category>Frédéric Ciréra</category><category>Mygale</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/Mygale.gif&quot; alt=&quot;Logo de l'hébergeur Mygale.org&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Mercredi dernier, j'ai eu le
privilège de participer au premier Wasp Café qui s'est déroulé à Urbi et Orbi,
un bar pas très loin de la Bourse. La particularité de cette manifestation
n'est pas de rassembler de jeunes blancs anglo-saxons et protestants (je ne
corresponds plus qu'à un seul des critères précédents), mais plutôt d'inviter
les développeurs/concepteurs/chefs de projets volontaires et
« awares » à venir boire un verre autour des concepts des standards
et dans une moindre mesure de l'accessibilité. Tout cela sous l'égide de la
branche française du « &lt;a href=&quot;http://www.webstandards.org/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Web standards project&lt;/a&gt; ».&lt;br /&gt;
Alors que je discutais avec l'un des organisateurs, &lt;a href=&quot;http://www.fairytells.net&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Aurélien Lévy&lt;/a&gt;, et que nous
évoquions justement la mode actuelle des rencontres entre acteurs du Web, je me
suis pris un flash de dix ans dans la vue et me suis retrouvé au Sous-Bock
Taverne pour une des premières rencontres de la jeune communauté Mygale.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Mygale fut l'un des premiers hébergeurs gratuits en France, arrivé sur le
« marché » un peu par inadvertance en 1996. C'était en effet au
départ un projet universitaire, mené par Frédéric Ciréra. Chacun avait droit à
5 Mo et on pouvait ouvrir son compte uniquement par cooptation au départ, pour
mieux gérer la montée en charge, je suppose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;c'est quoi ton login ?&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Assez rapidement, l'idée a émergé de susciter une rencontre physique entre
mygaliens. Je m'y étais rendu avec ma copine de l'époque (qui est devenue
depuis la mère de &lt;a href=&quot;http://www.coucoucircus.org/da/images-da/broketchnok.jpg&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;mes
enfants&lt;/a&gt;, étonnant, non ?) pour représenter le site que nous animions :
&lt;a href=&quot;http://roumieux.com/lepoulpe&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Le Poulpe sur la
Toile&lt;/a&gt;. Nous étions dans nos petits souliers, au milieu de cette foule de
primo-geeks qui semblaient tous se connaître. Première impression évidemment
fausse (mais habituelle lorsque l'on déboule en retard dans une soirée et que
l'on ne connaît personne), puisque la première question posée aux nouveaux
arrivants était invariablement : « c'est quoi ton login ?
».&lt;br /&gt;
C'était l'époque du Manifeste pour un Web indépendant. Les premiers webmasters
de « sites perso » pressentaient en effet qu'en coulisses les grandes
manoeuvres avaient déjà commencé. Arno* venait de lancer &lt;a href=&quot;http://web.archive.org/web/19981212024652/http://www.elysee.org/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Elysee.org&lt;/a&gt;, parodie hilarante et réussie qui s'ouvrait sur la célèbre
phrase de notre ancien président « ça m'en touche une sans faire bouger
l'autre ». Tout le design consistait en un détournement du graphisme officiel.
L'exploit avait donc sa place dans les conversations de la soirée. Le Web 1.0
se vivait à fond et l'Ajax ne manquait pas trop pour susciter de belles
rubriques contributives.&lt;br /&gt;
D'autres rencontres eurent lieu, au théâtre notamment. Quelques années après
les premiers pic-nics du Well (Whole Earth 'Lectronic Link) en Californie, les
pionniers français posaient les premiers jalons de ce que l'on appelle
aujourd'hui les réseaux sociaux.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/10/03/Une-Mygale-dans-mon-verre-de-biere#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Intelligence collective - Bonus : les commentaires du grenier</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/03/18/Intellegence-collective-Bonus-%3A-les-commentaires-du-grenier</link>
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    <pubDate>Mon, 19 Mar 2007 14:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>communautés virtuelles</category><category>Intelligence collective</category><category>Pierre Lévy</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/poyet.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.poyet_s.jpg&quot; alt=&quot;Gravure de Poyet&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Comme je
l'ai annoncé dans &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/post/2006/11/02/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-comme-nouvelle-infrastructure&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;mon premier billet&lt;/a&gt; relatif à l'Intelligence collective, je
n'ai pas relu attentivement le bouquin, mais plutôt des notes que j'avais
prises approximativement à l'époque de sa sortie. Il y a donc risque de
distorsion. Plutôt que de m'en tenir rigueur, le lecteur attentif n'hésitera
pas à apporter ses commentaires. D'autant plus que j'avoue ne pas avoir lu les
ouvrages suivants de Pierre Lévy, ayant quelque peu décroché à l'époque de
World Philosophy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tentation est grande de vouloir plaquer la réalité d'aujourd'hui sur une
grille de lecture destinée à la réflexion, néanmoins je trouve que l'exercice
peut s'avérer amusant, voire instructif.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SI VOUS AVEZ MANQUE LE DEBUT DU FILM, je vous conseille de lire &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/tag/Intelligence%20collective&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;mes deux précédents billets
consacrés à l'Intelligence collective&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'influence de la cybernétique et la portée sociale de l'IC&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans l'ouvrage de Lévy une grande influence de la cybernétique
(&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cybern%C3%A9tique&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cybern%C3%A9tique&lt;/a&gt;), tant dans son
approche systémique du cyberespace que dans la volonté de s'appuyer sur les
progrès des ordinateurs (les machines) pour favoriser l'émergence de
l'intelligence collective. « L'informatique communicante se présenterait
alors comme l'infrastructure technique du cerveau collectif ou de l'hypercortex
de communautés vivantes. »&lt;br /&gt;
Rappelons que le projet de Lévy s'inscrit dans une certaine histoire des
techniques des réseaux :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;dans les années 60, Engelbart et LickLider tous deux chercheurs au Xerox
Parc découvrent le potentiel social de la mise en réseau
d'ordinateurs ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;dans les années 80 la télématique permet la création de réseaux
universitaires pour la recherche et émerge en tant que phénomène économique et
culturel ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;fin de ces mêmes années 80, on assiste à un processus d'interconnexion
généralisée qui engendre une croissance exponentielle des usagers de la
communication informatisée.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A l'orée de l'ouverture de l'espace du savoir, Lévy identifie en particulier
trois champs susceptibles d'avancées concrètes : la création ou
restauration du lien social, le traitement et la gestion de l'information, la
gestion des ressources humaines.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Superposition des quatre espaces&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette idée m'a très rapidement attiré, on peut en effet décomposer pas mal
de phénomènes de sociétés selon cette grille de lecture (body-art,
tribalisation, repli territorial...). Les premières start-up ont-elles
d'ailleurs bien lu Lévy (ou trop) ? En pensant que l'âge de l'information
allait supplanter tous les autres, plutôt que venir les recouvrir, n'ont-elles
pas pour certaines complètement oublié la logistique, instrument indispensable
pour arpenter le Territoire (mortar), au détriment du tout online (click)
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Identités quantiques&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans notre ère post-Hotmail, ce concept trouve ses premières concrétisations
avec les multiplications des adresses virtuelles, destinées chacune à des
usages bien particuliers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Gestion des connaissances, hier et aujourd'hui&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La problématique de la gestion des connaissances n'est pas récente dans
l'entreprise. Voici déjà plusieurs années que l'on se préoccupe de gérer les
agrégats d'informations que représentent les connaissances. Temps partiel,
pré-retraites, diminution du temps de travail, comment pérenniser les pratiques
et bonnes procédures dans un environnement humainement mouvant. La gestion des
connaissances s'appuie déjà sur des outils logiciels, tels que des forums,
bases textuelles catégorisées, représentations graphiques d'ensembles
constitués...&lt;br /&gt;
Avec les arbres de connaissances, sur lesquels il a travaillé avec Michel
Authier, Pierre Lévy a apporté sa contribution à ces travaux : « Sur
le quatrième espace, nous avons nommé, avec Michel Authier, cosmopédie un
nouveau type d'organisation des savoirs, reposant largement sur les
possibilités ouvertes depuis peu par l'informatique pour la représentation et
la gestion dynamique des connaissances. »&lt;br /&gt;
Le philosophe quitte le cercle de l'encyclopédie : « Plutôt qu'à un
texte à une seule dimension, ou même à un réseau &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/tag/hypertexte&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;hypertextuel&lt;/a&gt;, nous avons affaire à un espace
multidimensionnel de représentations dynamiques et interactives. »&lt;br /&gt;
De nombreux travaux sur la représentation des connaissances ont débouché ces
dernières années sur des applications concrètes, utilisables par le grand
public, comme Cow9 du défunt AltaVista ou le toujours bien vivant &lt;a href=&quot;http://www.kartoo.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Kartoo&lt;/a&gt;. Côté professionnels, les
veilleurs utilisent des interfaces de modélisation graphique des connaissances
et on en connaît déjà des exemples concrets d'utilisation, comme l'analyse de
la rumeur et de l'opinion en contexte de crise. Mais ces « cartes »
sont-elles bien « ciné » : intègrent-elles la notion de mouvement, de
dynamique, dans leurs principaux indicateurs ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Emergence des Intellectuels Collectifs&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons aujourd'hui à une profusion d'individualités qui s'agrègent
dans des collectifs.&lt;br /&gt;
Les forums, forme ancienne de l'association virtuelle puisqu'ils remontent au
réseau Usenet, regroupent les internautes selon leur affinité, leurs goûts,
leur profession, voire leur fétichisme. On peut y constater une véritable forme
d'entraide, pour peu que les formes soient mises.&lt;br /&gt;
Les pages perso relient entre elles les individualités, soit au sein de projets
ambitieux tels que FriendOfAFriend (&lt;a href=&quot;http://www.foaf-project.org&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.foaf-project.org&lt;/a&gt;) ou de services plus triviaux
comme MySpace (&lt;a href=&quot;http://fr.myspace.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.myspace.com&lt;/a&gt;). Mais s'en dégage-t-il une quelconque
Intelligence Collective ?&lt;br /&gt;
Les blogs sont une autre évolution de la page perso des années quatre-vingt
dix, intéressants de par leurs commentaires, rétroliens et fils RSS intégrés.
Wikipédia n'existait pas du temps où Pierre Lévy a écrit sont livre. C'est un
bel exemple d'intelligence collective (d'autres projets sont en cours de
développement), mais est-il assez dynamique pour les critères du philosophe
?&lt;br /&gt;
Les tags sont un autre aspect très intéressant des blogs et autres sites
communautaires. Ajoutés le plus souvent par les internautes, sans validation ni
référence à une autorité lexicale, ces mots-clés donnent une bonne vision du
contenu d'un article, d'une rubrique ou même d'un site entier (ce blog utilise
d'ailleurs ce système pour mieux représenter son contenu). Astucieux, la taille
des tags varie selon leur fréquence d'apparition. Dans les sites contributifs,
chaque internaute participe ainsi à la catégorisation des contenus, le nombre
venant pallier les inconvénients certains de la méthode (pas d'équivalences,
ambiguités, mono-linguisme...).&lt;br /&gt;
Bien que l'idée ne soit pas nouvelle également, le site français de
Questions-réponses de Yahoo! (&lt;a href=&quot;http://fr.answers.yahoo.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.answers.yahoo.com&lt;/a&gt;) semble actuellement rencontrer son
public.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;du côté de la politique&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, Lévy constate que :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;les formes actuelles de gouvernement se sont stabilisées à une époque où
les changements techniques, économiques et sociaux étaient moins rapides
qu'aujourd'hui ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les grands problèmes politiques du monde contemporain sont plus ou moins
interconnectés dans un espace mondialisé ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les procédures actuelles d'évaluation et de décision ont été établies dans
une écologie de communication simple, alors que l'information est aujourd'hui
de nature torrentielle ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les gouvernements utilisent majoritairement des techniques de communication
molaires, ne se servant de l'informatique que pour gérer le fonctionnement
bureaucratique et non pour expérimenter des formes d'organisation ou de
traitement de l'information innovantes, plus souples et interactives. Bref,
l'espace de communication et de pensée des hommes politiques est presque
entièrement polarisé par les médias de masse.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Doit-on alors voir dans les tentatives virtuelles et les « débats
participatifs » de Ségolène Royal (&lt;a href=&quot;http://www.desirsdavenir.org/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.desirsdavenir.org&lt;/a&gt;) comme une mise en application
d'une volonté de briser le carcan des mas-media ? Le Parti Socialiste pose
aujourd'hui implicitement la question de savoir comment un parti de masse
(molaire) peut faire remonter les aspirations individuelles (moléculaire) sans
sombrer dans le populisme et tout en proposant toujours une perspective. Une
tâche difficile, comme le démontre son propre site institutionnel (&lt;a href=&quot;http://www.parti-socialiste.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.parti-socialiste.fr&lt;/a&gt;), qui n'est plus qu'un agrégat de fils
RSS complètement dans la tendance Web 2.0, mais qui peine à présenter
clairement sa ligne éditoriale.&lt;br /&gt;
Comment faire en sorte de ne pas exclure ceux qui ne sont pas dans le Réseau
(la fameuse « fracture numérique »), car on peut la redouter, si l'on
s'appuie de plus en plus sur la technique ?&lt;br /&gt;
« Il n'est pas absurde d'envisager que, dans quelques années, la plupart
des foyers puissent être équipés de terminaux (les cybergates) d'un dispositif
de communication selon un schéma en espace tous / tous ». Mais pour y parvenir,
l'équipement de la population est une priorité : « le cyberspace
coopératif doit être conçu comme un véritable service public ».&lt;br /&gt;
En voici un beau slogan que l'on entend peu au cours de cette campagne
présidentielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'espère vous avoir donné envie de lire le livre : &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/LIntelligence-collective-Pour-anthropologie-cyberspace/dp/2707126934/sr=8-2/qid=1162576249/ref=sr_1_2/403-8602147-7352432?ie=UTF8&amp;amp;s=books&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Disponibilité chez Amazon&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gravure : Poyet (&lt;a href=&quot;http://www.brainstormixing.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.brainstormixing.com&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/03/18/Intellegence-collective-Bonus-%3A-les-commentaires-du-grenier#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Intelligence collective 2.0 : le savoir au coeur de l'ingénierie du lien social</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/01/22/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-au-coeur-de-lingenierie-du-lien-social</link>
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    <pubDate>Mon, 22 Jan 2007 21:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1994</category><category>communautés virtuelles</category><category>Intelligence collective</category><category>Pierre Lévy</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/art1018-1.gif&quot; alt=&quot;Une des premières traces picturales d'industrialisation de l'intelligence collective&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;Vous ne pensiez pas vous en tirer à
si bon compte, tout de même. Ayant constaté avec perplexité les chiffres de
fréquentation et les commentaires délirants suite à &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/post/2006/11/02/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-comme-nouvelle-infrastructure&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la première partie&lt;/a&gt;, je consens avec une pincée de démagogie à
poursuivre ces quelques réflexions. Attention, je vous conseille vivement de
lire &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/post/2006/11/02/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-comme-nouvelle-infrastructure&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la première partie ici&lt;/a&gt; avant d'entamer ce nouveau volet, vous
serez prévenus, pas la peine d'imaginer l'esquisse d'un procès (&amp;quot;suite à la
lecture de ce blog, mon client s'est pris les pied dans la cinécarte et nous en
a fait tout une cosmopédie...&amp;quot;).&lt;/p&gt;    &lt;h2&gt;L'économie des qualités&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'intelligence collective ? « Une intelligence
partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit
à une mobilisation effective des compétences. »&lt;br /&gt;
A la base de l'intelligence collective, Lévy dégage la notion d'identités
quantiques. On peut prendre la métaphore du gène en biologie moléculaire, de
l'octet en informatique... Les quanta de qualités humaines seront des signes.
Un quantum de qualité sera toujours en rapport avec un acte accompli ou
potentiel, avec un événement réel ou possible. Le rôle de l'ingénierie de
l'humain est de valoriser le moindre de ces actes, de permettre sa négociation,
son évaluation, de le rendre visible.&lt;br /&gt;
La matière première de l'économie des qualités, ce sont les actes et les
potentiels humains. Alors que sur le Territoire, les idées d'appartenance font
bloc, sur l'espace du savoir, les identités sont libérées. On n'est plus
contraint par une identité, la quantique des qualités permet
l'auto-description. L'individu pourra projeter autant d'images qu'il le voudra
sur une variété ouverte d'espaces collectifs.&lt;br /&gt;
Intelligence partout distribuée : tout le monde sait quelque chose, le
savoir c'est ce que les gens savent. Il faut désormais fonder le lien social
sur le rapport au savoir, en posant l'apprentissage réciproque, l'échange,
comme médiation des rapports entre les hommes. Redécouvrir l'autre :
quelqu'un qui sait, des choses que je ne sais pas, qui est une source
d'enrichissement pour mes propres savoirs.&lt;br /&gt;
Intelligence sans cesse valorisée : ce n'est pas le cas aujourd'hui. Les
qualités humaines, comme singularités, doivent être toutes reconnues et
exploitées, comme de véritables ressources énergétiques. Lévy appuie sa
démonstration sur le problème du chômage, qu'on ne peut plus résoudre en
abordant l'individu uniquement sous l'angle de profils de postes ou de métiers
bien définis a priori.&lt;br /&gt;
Coordination en temps réel des intelligences : avec les techniques
numériques de l'information, il va devenir possible aux membres de collectifs
délocalisés d'interagir au sein de paysages mobiles de significations tels que
le fameux cyberespace.&lt;br /&gt;
Aboutir à une mobilisation effective des compétences : c'est toujours
l'idée d'éviter le gaspillage de la matière première principale du nouvel
espace, les qualités humaines.&lt;br /&gt;
Sur l'espace du savoir, l'humain n'est plus qu'un cerveau, qui entre en contact
et compose avec d'autres cerveaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Vers une dynamique des cités intelligentes&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;« Les infrastructures de communication et les technologies
intellectuelles ont toujours noué d'étroites relations avec les formes
d'organisation économiques et politiques. »&lt;br /&gt;
Le projet de Lévy est global, il concerne la société jusque dans son
organisation politique. « Nous développons ici l'hypothèse utopique d'une
démocratie directe assistée par ordinateur – ou d'une agora virtuelle. »
Lévy parle plus loin de « civilité assistée par ordinateur ».&lt;br /&gt;
Le collectif intelligent pourrait devenir la nouvelle figure de la cité
démocratique.&lt;br /&gt;
La dynamique démocratique se décompose se décompose en plusieurs phases :&lt;br /&gt;
l'écoute de l'environnement et de soi : faire émerger la pluralité des
idées, des arguments ;&lt;br /&gt;
l'organisation chargée de distribuer des fonctions et partager les rôles, sans
séparations des tâches, prise de pouvoir mais en incluant le collectif ;
plutôt qu'organisation on devrait parler d'auto-organisation ;&lt;br /&gt;
la décision ;&lt;br /&gt;
l'évaluation ;&lt;br /&gt;
la connexion transversale, qui sert de contrepoids à l'organisation ;&lt;br /&gt;
la vision globale doit malgré tout apparaître des processus moléculaires, elle
constitue la face émergente et globale de l'écoute.&lt;br /&gt;
La démocratie en temps réel s'oppose aux institutions molaires pour devenir une
démodynamique, c'est-à-dire une politique moléculaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Whouaaaaoo, comme on disait naguère et jadis dans Podium, la prochaine fois, si
vous êtes sages, vous aurez droit aux commentaires du blogueur en
bonuuuuuus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1018.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;La superbe
gravure est extraite de l'article : &amp;quot;Quand l'intelligence collective se
met en branle&amp;quot; - [http://www.uzine.net/article1018.html&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/01/22/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-au-coeur-de-lingenierie-du-lien-social#comment-form</comments>
      <wfw:comment>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/01/22/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-au-coeur-de-lingenierie-du-lien-social#comment-form</wfw:comment>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Intelligence collective 2.0 : le savoir comme nouvelle infrastructure</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/11/02/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-comme-nouvelle-infrastructure</link>
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    <pubDate>Thu, 04 Jan 2007 20:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1994</category><category>communautés virtuelles</category><category>Intelligence collective</category><category>Pierre Lévy</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/levy.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/./.levy_s.jpg&quot; alt=&quot;L'Intelligence collective&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;C'est en 1994 que paraît
&lt;em&gt;L'intelligence collective : pour une anthropologie du cyberspace&lt;/em&gt;.
Un ouvrage qui, à défaut de marquer les foules, m'aura bien fait phosphoré,
ainsi que certains de mes collègues du DESS auquel je participais. Pierre Lévy,
son auteur, décrypte en philosophe qu'il est l'avènement du cyberespace comme
une véritable perspective anthropologique. Rien de moins. Donc très excitant à
l'époque des premières connexions Internet. Je viens de retrouver de vieilles
notes, ce qui va me permettre de vous affranchir dans les grandes largeurs sans
avoir à relire le bouquin. Intéressant de retrouver ces quelques concepts pour
dresser un premier bilan d'étape une dizaine d'années plus tard. A l'heure où
l'on parle beaucoup de Web 2.0, voyons voir si la philosophie peut nous être de
quelque secours.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Au fondement de la thèse de Lévy se trouvent quatre espaces qui se
superposent comme des couches et au sein desquels l'auteur analyse les notions
d'identité, de perception du monde, d'espace et de temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La Terre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier espace occupé par l'humanité, le temps y est immémorial.
C'est un cosmos où les humains sont en communication avec les animaux, les
plantes, les paysages, les lieux et les esprits. Tout est réel, tout est
présent, le nom marque l'identité qui elle même se forge au travers de clans,
filiations et alliances. C'est un monde de correspondances, pour reprendre
l'expression chère à Baudelaire, dans lequel le signe n'est jamais séparé d'une
présence. Ce monde nous touche encore, il organise notre imaginaire et notre
affectif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le Territoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis le néolithique, le Territoire travaille à recouvrir la grande Terre
nomade, la repousse aux marges, il entretient avec elle un rapport de prédation
et destruction. L'homme devient un habitant sédentaire et l'adresse symbolise
son identité. Apparaissent l'Etat, l'agriculture, l'élevage, l'écriture... Le
lien entre le signe et la chose est différé, cette transcendance du signe est à
l'origine des hiérarchie politiques et sacerdotales. Nous entrons avec le
territoire dans le temps linéaire de l'histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'espace des Marchandises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'argent est au centre de cet espace : le capitalisme transmute en
marchandise tout ce qu'il parvient à entraîne dans ses circuits, mais il ne
fonctionne que grâce à l'Etat territorial. Ce nouvel espace organise les
précédents selon ses propres fins. Le capitalisme a instituté l'économie comme
dimension inéliminable de l'existence humaine. Les individus sont désormais
redéfinis par leur rôle dans la fabrication, la circulation et la consommation
de choses, d'informations et d'images. Les signes de l'identité deviennent
quantitatifs : revenu, salaire, compte en banque. Le signe est
déterritorialisé, il est indéfiniment reproduit et diffusé par les médias, il
est d'ailleurs tellement décontextualisé qu'on en oublie le référent,
l'original. Dans la Société du spectacle, tout le réel et passé du côté du
signe. La figure dominante est celle des réseaux, car le capitalisme est
planétaire. Diffusion directe, contacts instantanés, on s'approche du temps
réel, mais on ne l'atteindra pas en accélérant encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'espace du savoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas, c'est au sens étymologique une u-topie, un non lieu. Mais
il est déjà virtuel, en attente de naître. Il n'a pas encore pris son
autonomie. Sur ce nouvel espace l'identité se forge au sein d'intellectuels
collectifs (IC), dont un prémice pourrait être constitué par les arbres de
connaissances (Lévy fait référence ici à un livre précédent, écrit avec Michel
Authier et qui, à ma connaissance, avait donné lieu à plusieurs
expérimentations). Ces intellectuels collectifs émergent, se connectent, se
déplacent, mutent, ne cessent d'apprendre et d'inventer, bref ils vivent leur
vie. Comme dans un jeu vidéo, l'identité de l'individu s'organise autour
d'images dynamiques, images qu'il produit par l'exploration et la
transformation des réalités virtuelles auxquelles il participe. Mais un jeu
vidéo a des règles fixes, alors que l'intellectuel collectif remet en jeu
constamment les lois de son univers. On peut donc dire que les membres d'un
intellectuel collectif sont à la fois concepteurs et acteurs. L'individu peut
avoir plusieurs identités s'il participe à plusieurs IC (non là Levy ne parle
pas forcément de votre adresse Hotmail cachée) et se compose ainsi un
« blason de sapience ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Coexistence des quatre identités&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chacun de nous (même toi cher lecteur) possède les quatre types d'identité,
même si la première est oubliée et si la quatrième n'apparaît pas encore. En
fait, l'identité pleine traverse les quatre espaces : l'espace du savoir
pourrait ainsi nous faire retrouver la Terre. Il serait alors le lieu d'une
prise de parole continue, effective, capable de changer la réalité, donc pleine
de sens.&lt;br /&gt;
Les IC secrètent leur propre durée et le temps n'est donc plus considéré selon
un étalon extérieur, l'horloge. Toujours à l'état naissant, l'espace du savoir
fait émerger des actes et des histoires singulières qui animent les IC. Il
n'est jamais structuré a priori. On ne peut le partager, le délimiter comme le
Territoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Comment naviguer dans ce nouvel espace : outils&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un nouvel espace, c'est bien beau, mais comment y allons-nous vivre ?
L'être humain a besoin de moyens de repérages pour se constituer une identité
et envisager une action. Chaque espace dispose de ses propres moyens de
navigation : la Terre a le portulan, le Territoire la navigation
astronomique et l'espace des marchandises les statistiques et les
probabilités.&lt;br /&gt;
L'informatique les outils de l'espace du savoir, et donc par là-même procurer
les conditions de création de ces espace, le dater. Le monde virtuel d'un
Intellectuel Collectif est une carte, un instrument de repérage et
d'orientation qui renvoie à un espace réel, celui du savoir vivant. Pierre Lévy
parle de &lt;strong&gt;cinécarte&lt;/strong&gt; : comme l'indique son étymologie,
c'est une carte « animée », à l'image de l'univers dont elle rend compte,
elle permet en effet de représenter l'univers informationnel qui ne souffre pas
de normes immobiles. On peut imaginer une interface graphique munie d'icônes et
de liens hypertextes où tous les usages seront en interaction constante et
contribueront à la remodeler.&lt;br /&gt;
Sur ce quatrième espace, le savoir est immanent à l'intellectuel collectif. Il
y a donc renouvellement épistémologique des objets de connaissance. Le savoir
ici ne peut être que collectif, constitué d'une texture de devenirs singuliers.
Il n'est plus consigné à jamais dans les livres, il est sans cesse mouvant. Il
devient le critère essentiel de l'existence de chacun.&lt;br /&gt;
La &lt;strong&gt;cosmopédie&lt;/strong&gt; est le nouveau type d'organisation des
savoirs : un espace multidimensionnel de représentations dynamiques et
interactives. Alors que l'encyclopédie prétend faire le tour (cycle) des
connaissances, la cosmopédie prétend construire un « ordre » (cosmos)
sur la base du savoir. Toutes les formes d'expression servies par
l'informatique, et pas seulement le texte, entrent dans le cadre de la
cosmopédie, qui est en perpétuel mouvement, à l'image des cinécartes. La
cosmopédie, à l'inverse du Territoire qui sépare, et de l'espace des
marchandises qui brouille les significations, propose un continuum entre les
connaissances pour former un ensemble enfin cohérent. « La cosmopédie
dématérialise les séparations entre les savoirs. Elle dissout les différences
entre les spécialistes. » Chacun participant à la génération du savoir,
les dimensions de lecture et d'écriture sont en intime interaction. Chacun
secréte son propre savoir, qui est en relation avec les autres. Chacun est
impliqué dans cette nouvelle organisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bientôt la suite : &amp;quot;le savoir au coeur de l'ingénierie du lien social&amp;quot; (là
je sens que vous salivez, vous ne pouvez pas le nier).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/11/02/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-comme-nouvelle-infrastructure#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>[ Futura ] : « au bout de trois erreurs nous faisons feu »</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/12/19/Futura-%3A-au-bout-de-trois-erreurs-nous-faisons-feu</link>
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    <pubDate>Tue, 19 Dec 2006 21:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>réseaux</category>
        <category>1982</category><category>Calvados</category><category>communautés virtuelles</category><category>Jean-Marc Royer</category><category>Lionel Lumbroso</category><category>pionniers</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/apple2.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/./.apple2_s.jpg&quot; alt=&quot;En pleine conversation sur Futura ?&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Prolongeons aujourd'hui notre
incursion dans les premières communautés virtuelles françaises avec le cas
Futura. Perdu dans les limbes des premiers BBS (Bulletin Board System), on ne
dispose plus guère de traces de ce forum originel. Même son créateur, Jean-Marc
Royer, a quelque mal à dater sa première connexion. Une chose est sûre, nous
sommes au XXème siècle, la petite boîte marron du Minitel s'apprête à débarquer
chez les Français qui ne se doutent pas de grand chose. En ce début des années
quatre-vingt, ce ne sont pas les prémices de l'annuaire électronique qui
excitent les ados de l'époque, mais bien plutôt le boom de la
micro-informatique.&lt;br /&gt;
« A 14 ans mon père à amené un ordi à la maison (il était dans
l'informatique), je ne me rappelle plus du modèle, un gros bouzin, ça marchait
sous OS – Operating System - CPM). J'ai trouvé ça rigolo. Le premier truc que
j'ai fait fut d'appuyer sur la mauvaise touche et d'effacer complètement les
disques systèmes, ce qui l'a planté pendant une semaine... Après je l'ai
squatté pour faire des programmes de jeux en texte. Ensuite j'ai voulu avoir
mon propre ordi pour ne plus le partager avec mon père, j'ai commencé avec un
ZX81, mais c'était un peu limité (c'est le moins qu'on puisse dire). J'ai donc
économisé pour m'acheter le top du top à l'époque un Apple II... »&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;une connexion simultanée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ce serait donc vers 1982 que Jean-Marc programme le logiciel qui allait
animer son méga-forum. « Futura était un site fait en Basic qui tournait
sur Apple II, avec une carte modem. On se connectait dessus en RTC (Réseau
téléphonique commuté) avec un modem (300 ou 1200 bauds au choix, ça
dépotait...). La société Apple m'avait prêté un truc exceptionnel pour
l'époque : un disque dur de 5 Mo (ouais c'était high-tech grave de la
mort), qui permettait des capacités de ouf par rapport aux lecteurs de
disquettes de base. »&lt;br /&gt;
Au départ, le service accepte une (1) connexion simultanée !
« J'avais imaginé mettre des batteries d'Apple II pour gérer chacun une
voie mais c'était un peu usine à gaz. » On imagine surtout la tête des
parents en voyant le salon envahi par les boîtes de plastique beige... Bref, le
jeune fournisseur d'accès ne mit pas longtemps à adopter un PC sous Unix (QNX
pour être précis) pour pouvoir augmenter le nombre de connexions
simultanées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;jeu de rôle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Laissons Jean-Marc se remémorer quelques tranches de vie
« futuresques » : « Le site était fait sur le modèle d'une ville
et se déroulait comme un jeu de rôle de l'époque : un texte s'affichait en
te décrivant verbalement où tu étais et ce que tu pouvais faire et
l'utilisateur pouvait taper sa réponse ou le nom du lieu où il voulait
aller.&lt;br /&gt;
Lorsque tu te connectais tu arrivais à la porte de la ville. Un garde te disait
&amp;quot;Qui va la ? Donnez le mot de passe pour entrer, au bout de trois erreurs
nous faisons feu&amp;quot;. Tu tapais ton mot de passe et le garde te répondais &amp;quot;Ça va,
bonjour XX, vous pouvez rentrer dans la ville&amp;quot;. Après tu pouvais aller dans
différents bâtiments : le café pour parler avec d'autres utilisateurs dans
des forums, la mairie pour changer son mot de passe et pour les trucs
administratifs, etc. Il y avait même des catacombes qui correspondaient à une
rubrique secrète réservée aux initiés.&lt;br /&gt;
Les utilisateurs discutaient dans les forums de divers sujets. Je me rappelle
que des utilisateurs avaient organisé un vote où ils donnaient une note à leurs
anciens amant(e)s. J'y ai découvert qu'une de mes ex-petites amies m'avait
donné un 12/20, ce qui m'avais pas mal vexé.... mais bon j'étais jeune, je
manquais d'entraînement, j'ai amélioré mon score par la suite.&lt;br /&gt;
Déjà à l'époque les sujets de discussions étaient les mêmes qu'aujourd'hui...
»&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;shérif chez Calvados&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'analogie de la cité développée par Futura pour symboliser les différents
lieux de discussion est reprise quelques temps plus tard par Calvados pour ses
propres forums. La rencontre entre le programmeur et la jeune société se fait
d'ailleurs dans des circonstances assez pittoresques, relatées par Howard
Rheingold dans son fameux ouvrage sur les communautés virtuelles (1) :
« Deux autres utilisateurs de Calvados rencontrés chez Lumbroso, Jean-Marc
et Jean-David, me firent penser aux jeunes adolescents comme eux que j'avais
rencontrés en Amérique et au Japon. Ils avaient commencé à s'intéresser à
l'informatique vers l'âge de onze ou douze ans, s'étaient passionnés pour
l'exploration des serveurs télématiques par l'intermédiaire de leurs modems et
avaient trouver le moyen d'utiliser ces serveurs sans payer : ils
'pirataient' ces systèmes. Un jour, sur un forum de Calvados, l'un d'eux fit
une gaffe qui révélait qu'il n'était pas l'utilisateur dont il utilisait le
compte d'abonné. Lumbroso, en découvrant que son ami et lui avaient piraté son
service, prit instinctivement l'initiative brillante de les doter de comptes
gratuits et d'en faire les 'shérifs' du service, chargés de veiller à sa
sécurité. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;un Apple II dans la cave&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Futura comptera jusqu'à 400 utilisateurs inscrits. Mais après quelques
années de vives discussions en ligne, le forum est fermé faute de temps
(« La dernière entrée sur le site est datée du 12.01.1987 à 16h44m50
») : la majorité aidant, Jean-Marc Royer fonde sa première société
éditrice de services télématiques, Crystal-Technologie.&lt;br /&gt;
Aujourd'hui Jean-Marc Royer dirige sa propre société (Netino) après avoir
proposé, au travers de la start-up Foorum l'accès en marque blanche aux
newsgroups mondiaux de Usenet ! Grâce au Grenier, il a pu l'espace de
quelques instants se replonger avec émois dans les souvenirs de ses premières
connexions.&lt;br /&gt;
« Il ne me reste qu'un rouleau d'imprimante avec la liste des personnes
qui se sont connectés sur le site, et le site lui-même sous la forme de mon
vieil Apple II qui dort sagement dans ma cave. Sauf que, vu qu'il n'a pas été
allumé depuis 20 ans, je doute qu'il soit très opérationnel ;-) »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(1) Howard Rheingold, Les communautés virtuelles, Addison-Wesley, 1995.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/12/19/Futura-%3A-au-bout-de-trois-erreurs-nous-faisons-feu#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Calvados : la première communauté virtuelle française</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/12/11/Calvados-%3A-la-premiere-communaute-virtuelle-francaise</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:dfff5c01af757b7412aa7d9ea1646977</guid>
    <pubDate>Mon, 11 Dec 2006 15:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>réseaux</category>
        <category>1981</category><category>Calvacom</category><category>communautés virtuelles</category><category>Lionel Lumbroso</category><category>pionniers</category><category>télématique</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/Dos_150-1_orig.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/./.Dos_150-1_orig_m.jpg&quot; alt=&quot;Des copains avec Calvados&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Peut-être avez-vous déjà entendu
parler de Calvacom, ce serveur télématique des années quatre-vingt et qui a pu
donner un avant-goût de cyberculture à un certain nombre de pionniers chanceux.
En revanche, son appellation d'origine Calvados est nettement moins passée à la
postérité. On retrouve quelques bribes (récit et coupures de presse) de
l'aventure sur le site de Lionel Lumbroso, son co-fondateur (&lt;a href=&quot;http://www.lumbroso.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.lumbroso.fr&lt;/a&gt;). Inspiré des
premières communautés virtuelles américaines comme The Source et de réseaux
commerciaux tels que Compuserve, Calvados tire son origine de sa prédilection
pour les ordinateurs à la Pomme !!! Proposer un service en ligne payant en
misant sur un système d'exploitation (DOS) carburant au Calva relève d'une foi
et d'un optimisme de cyber-charbonnier.&lt;/p&gt;    &lt;h2&gt;la pomme sans pépin&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le projet est né à l'American College de Paris en 1981. L'anecdote ici
encore est fondatrice. L'institution s'était dotée d'un ordinateur central, un
Harris 500 (?), mais les terminaux n'étaient pas en assez grand nombre et donc
les ressources peu exploitées. « &lt;em&gt;L'intervention d'un jeune étudiant de
l'ACP, Howard Marks, lassé de faire la queue comme tous les étudiants pour
avoir accès aux terminaux encore trop peu nombreux, et demandant s'il lui
serait possible de relier son Apple II de chez lui au Harris, provoque l'idée
&amp;quot;Calvados&amp;quot; : permettre à d'autres Apple II de se connecter au Harris et de
leur proposer des services&lt;/em&gt; ». Le réseau est ainsi né sous l'auspice de la
Pomme et intègre dès le départ nombre de revendeurs et de passionnés. Apple,
bien que bienveillante à son égard et partenaire ponctuelle (ses clients se
verront proposer d'office les services de Calvados), se garda par la suite de
mettre des billes dans la société afin de lui éviter les pépins (ah ah).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;recapitalisation et investissements&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Que trouve-t-on chez Calvados ? De la messagerie, des forums, des
panneaux d'affichage (BBS, Bulletin Board System), du télédéchargement de
logiciels, puis les cours de la Bourse, des dépêches AFP ainsi que d'autres
services, certains accessibles simultanément sur le Minitel naissant. C'est en
1986 que, suite à une recapitalisation, on met de côté le nom d'origine pour le
plus pro « Calvacom ». S'ensuit une série d'investissements pas tous très
heureux, aux dires rétrospectifs de François Benveniste, qui allait prendre la
tête de la société en 1993. Les Cités thématiques font leur apparition,
comprenant chacune un forum, une bibliothèque, et une « convivialité »,
lieu de dialogue en direct. Le Mac perd son exclusivité puisque les PC et les
Minitel ont désormais droit eux aussi à Calva. Ce dernier demeure alors ce
mélange de communautés et de services professionnels à forte valeur ajoutée. On
compte en 1987 6 700 abonnés, dont 20% d'entreprises et 80% de particuliers).
C'est d'ailleurs au travers de ce service que Ariel Wizman fera découvrir
quelques années plus tard les autoroutes de l'information au lectorat
d&lt;em&gt;'Actuel&lt;/em&gt;, dans un des premiers articles grand public consacré à la
question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;aînés américains&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/Com_1heure.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/./.Com_1heure_s.jpg&quot; alt=&quot;Calvacom offre une heure&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Comparé au coûts fixes du Minitel (et
à la gratuité de son terminal), la tarification de Calvacom demeure complexe
(installation, durée, services, communication) et nécessite de la part de
l'intéressé un réel investissement. Calvacom bénéficie de l'aura de ses aînés
américains, dont certains ne vont pas tarder à venir le concurrencer sur son
propre territoire : l'ancêtre Compuserve en 1993, le très grand public AOL
en 1996.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En 1995 est lancé Calvanet, un service dédié à l'accès à l'Internet doté d'une
tarification simplifiée (240 francs par mois puis 120 francs de l'heure de
connexion, sans compter les coûts France Telecom). Mais les premiers
« Fournisseurs d'accès à Internet (FAI), comme World-net, FranceNet ou
ImagiNet, imposent peu à peu le modèle de simple fournisseur de tuyaux :
les richesses du Web n'allaient pas tarder à rencontrer leur public...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site &amp;quot;officiel&amp;quot; de &lt;a href=&quot;http://www.lumbroso.fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Lionel
Lumbroso&lt;/a&gt;, fondateur de Calvados (d'où sont tirées les deux illustrations de
ce billet)&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.cybertribes.com/CALVACOM.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Calvacom, un
réseau électronique à taille humaine&lt;/a&gt; (Cybertribes)&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.apple-collection.com/HTMPub/pub.Calvados.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Publicités Calvados et Calvacom&lt;/a&gt; des années 80 (Apple collection)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
PS : le titre est en forme de provocation, si vous connaissez ou avez
fréquenté (ou mieux encore fondé) la &amp;quot;première communauté virtuelle en France&amp;quot;,
contactez-moi en m'envoyant un minimum d'infos.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/12/11/Calvados-%3A-la-premiere-communaute-virtuelle-francaise#comment-form</comments>
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