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  <title>legrenier : toute la nostalgie du futur, avec de vrais morceaux de passé - rétro-prospective</title>
  <link>http://legrenier.roumieux.com/</link>
  <description>Dans ce grenier, plein de vieux robots, des terminaux et, devant leur claviers, des zozos...</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Wed, 27 Aug 2008 16:48:32 +0200</pubDate>
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    <title>L'homme peut-il fabriquer un homme ?</title>
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    <pubDate>Tue, 08 Jan 2008 21:25:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1935</category><category>robotique</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/chevron-ouvrant.gif&quot; alt=&quot;Début de citation&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2008/petit-journal.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2008/.petit-journal_s.jpg&quot; alt=&quot;Couverture du Petit Journal illustré (1935)&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Notre couverture représente une scène
étrange et saisissante. Deux ouvriers travaillent. Ils font du façonnage
d'ivoire. Ils pourraient tout aussi bien faire autre chose, manoeuvrer d'autres
outils. Seulement, ce qui est singulier, c'est que l'un de ces travailleurs est
un homme en chair et en os. Et l'autre, un homme en fer et en acier.&lt;br /&gt;
Il y aurait cependant quelque inconvenance à l'égard de la race humaine à les
assembler dans une commune présentation. L'un a un cerveau. L'autre n'a qu'un
mécanisme. Mais ne pourra-t-on, une autre fois, fabriquer un cerveau ?&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Cet homme artificiel n'est pas nouveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La mode est revenue aux automates.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec les progrès de la science moderne, on a pu, en effet, construire des
personnages artificiels aux routages compliqués qui donneraient l'illusion
parfaite de la vie humaine, s'ils n'avaient pas toujours l'apparence d'êtres
vivants.&lt;br /&gt;
C'est une mode qui avait fait fureur au dix-huitième siècle et puis qui était
passée.&lt;br /&gt;
Fabriquer des hommes ou des animaux mécaniques fut alors une rage.&lt;br /&gt;
Les premiers automates dont on parle remontent d'ailleurs beaucoup plus
loin.&lt;br /&gt;
L'antiquité grecque nous a transmis la belle légende de Pygmalion et de la
statue Galathée, dont le sculpteur devint amoureux après l'avoir ciselée. On se
souvient qu'exauçant ses voeux, Vénus anima la statue et que Pygmalion épousa
son chef-d'oeuvre.&lt;br /&gt;
Les êtres fabriqués par les Occidentaux furent animés moins poétiquement.&lt;br /&gt;
Tandis que, dans leurs laboratoires, les alchimistes cherchaient le secret de
la vie et voulaient traiter l'oeuvre impossible de faire naître
artificiellement des enfants, les premiers physiciens cherchaient à construire
des hommes de métal, qui furent les ancêtres des poupées articulées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Francine&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On raconte que le fameux Albert le Grand avait, dès le treizième siècle,
construit un automate doué du mouvement et de la parole. Mais le fait est
contesté et l'on sait, du reste, qu'aussi grande était la science d'Albert le
Grand que ses contemporains lui attribuaient le pouvoir d'accomplir toutes les
merveilles possibles.&lt;br /&gt;
C'est Descartes qui construisit le premier automate doué du mouvement et qui,
parait-il, prononçait quelques mots.&lt;br /&gt;
Le célèbre philosophe voulait ainsi prouver sa théorie suivant laquent les
animaux n'avaient point d'âme.&lt;br /&gt;
Il alla plus loin, puisque son automate représentait une jeune fille, qu'il
appelait &amp;quot;sa fille Francine&amp;quot;. Cette poupée parlante eut un sort malheureux.
Descartes l'avait emportée au cours d'un de ses voyages. Un des matelots du
vaisseau sur lequel i1 se trouvait brisa par mégarde la caisse contenant
Francine. A la vue de cette femme en métal qui remuait, il crut à un sortilège
et jeta la poupée à la mer.&lt;br /&gt;
Quelques années plus tard, l'abbé Mical présentait à l'Académie des Sciences
des têtes humaines qui parlaient.&lt;br /&gt;
Ces têtes reposaient sur des boites contenant des touches comme celles d'un
clavecin et c'est en appuyant sur ce clavier qu'on faisait émettre des sons aux
têtes parlantes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;la digestion du canard&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mais les plus fameux automates furent ceux de Vaucanson. Celui-ci en
construisit plusieurs. Les plus célèbres furent son joueur de flûte, son joueur
de tambourin et son canard.&lt;br /&gt;
C'est en 1738 que Vaucanson présenta ses sujets à l'Académie des Sciences, dont
les membres furent émerveillés.&lt;br /&gt;
Le joueur de flûte pouvait jouer douze airs. Il se comportait absolument comme
un flûtiste humain, se servant de sa langue et de ses doigts. Le mécanisme en
était si parfait que c'étaient les lèvres mêmes de l'automate qui, sous
l'action de l'air qui pénétrait en elles, modulaient les airs différents.&lt;br /&gt;
Le joueur de tambourin était fabriqué suivant le même système et pouvait, lui
aussi, faire entendre plusieurs airs.&lt;br /&gt;
Pourtant, la merveille des merveilles fabriquée par Vaucanson fut son canard,
lequel, non seulement faisait entendre les &amp;quot;coin, coin&amp;quot; de ses congénères en
chair et en os, marchait, courait, mais encore mangeait, digérait et même
rejetait les produits de sa digestion.&lt;br /&gt;
Vaucanson ne révéla jamais son secret et son fameux canard passa de mains en
mains sans que ceux qui le possédèrent tour à tour eussent jamais compris
comment il pouvait absorber des graines et les digérer.&lt;br /&gt;
C'est seulement en 1844 qu'une aile s'étant brisée, on découvrit le mécanisme
intérieur, lequel était double, avec un système pour l'ingestion et un autre
pour l'évacuation qui devait être préparée à l'avance.&lt;br /&gt;
Après Vaucanson, de nombreux constructeurs présentèrent des personnages
artificiels, des écrivains, des cuisiniers, etc., etc.&lt;br /&gt;
Il y eut même des supercheries, comme celle du joueur d'échecs de
Kempelen.&lt;br /&gt;
Ce joueur d'échecs est resté célèbre parce que, pendant près d'un demi-siècle,
il fit l'émerveillement et aussi la stupéfaction de tous ceux à qui il fut
présenté.&lt;br /&gt;
Cet automate jouait une partie d'échecs sans se tromper et tenait tête aux
meilleurs joueurs.&lt;br /&gt;
C'était un homme assis, habillé en Turc, de grandeur naturelle. La caisse qui
formait le siège était remplie de ressorts qui soi-disant correspondaient aux
bras et aux mains du joueur.&lt;br /&gt;
Or, malgré qu'on eut essayé vainement d'y introduire des hommes très petits,
voire même des enfants, ce n'était pourtant pas autre chose qui se passait.
L'automate avait même été construit spécialement pour cacher un révolutionnaire
polonais blessé au cours d'un combat et qui s'appelait Woruski.&lt;br /&gt;
Celui-ci avait été recueilli par un médecin qui l'avait soigné, mais les
blessures étaient si graves qu'il avait dû subir l'amputation des deux
jambes.&lt;br /&gt;
Le médecin était bien embarrassé de son blessé, qu'il ne pouvait livrer. C'est
alors qu'un de ses amis, Wolfgang Kempelen, sachant que Waruski était très fort
aux échecs, eut l'idée de construire l'automate dans lequel le rebelle se
cacherait.&lt;br /&gt;
Il comptait ainsi arriver à faire gagner l'étranger par le révolté. On
donnerait des représentations avec l'automate et tous soupçons seraient ainsi
écartés. Le succès du joueur d'échecs fut grand. Toutes les villes de Russie
voulaient le voir. La tsarine Catherine II elle-même tint une partie contre le
pseudo-automate et, naturellement, la perdit.&lt;br /&gt;
Ce ne fut qu'au bout d'un temps assez long que Woruski put sortir du territoire
russe. Mais la célébrité de l'automate était telle qu'on continua à donner des
représentations, lesquelles étaient d'ailleurs très rémunératrices et on assure
même que, passant à Vienne, alors que Napoléon s'y trouvait, l'automate joua
avec l'Empereur une partie, laquelle, d'ailleurs, se termina brusquement,
l'adversaire de l'Empereur ayant subitement brouillé les pièces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;décharger un révolver&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2008/petit-journal2.jpg&quot; alt=&quot;Un automate qui joue aux cartes&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;Aujourd'hui, les automates que l'on fait
sont plutôt des pièces mécaniques compliquées, ils n'ont plus figure humaine.
Tout est sacrifié au mécanisme qu'actionnent des moteurs perfectionnés, et ces
hallucinants êtres d'acier, aux rouages nombreux, accomplissent encore plus de
choses que les automates du siècle passé.&lt;br /&gt;
C'est un éléphant de grandeur naturelle, animé par un moteur, qui marche en se
dandinant absolument comme tous les éléphants connus, lesquels seraient étonnés
de le voir parmi eux.&lt;br /&gt;
C'est un cheval électrique, c'est un danseur mécanique qui, certainement,
encombre plutôt sa danseuse et n'a rien du danseur mondain qu'il remplace. En
revanche, ce danseur mécanique présente une grande utilité ; il porte, en
effet, en lui un enregistreur cinématographique qui permet de prendre les
personnages évoluant dans la salle où il se trouve.&lt;br /&gt;
L'Amérique et l'Angleterre ont excellé dans ce genre de construction et c'est
un Américain qui a mis au monde, si l'on peut dire, le dernier de ces automates
perfectionnés, homme de métal à l'aspect fantastique, ayant un cylindre à la
place de la tête, des oreilles et une bouche énormes, mais qui néanmoins peut
parler, chanter, siffler, rire et même décharger un revolver.&lt;br /&gt;
Il est évident qu'avec les progrès du machinisme on peut arriver à des
résultats extraordinaires dans cet ordre d'idées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On a construit, en France même, des automates très perfectionnés. On a pu voir,
boulevard Haussmann, à Paris, les expériences d'un automate qui marchait. Il
remuait alternativement ses bras et ses jambes et il conservait son équilibre.
Il était habillé comme un promeneur ordinaire. Et c'était une vision
hallucinante que celle de ce faux homme qui ressemblait à un homme vrai.&lt;br /&gt;
Il y avait bien dans sa démarche quelque chose de cahotant, de brusque, de
heurté.&lt;br /&gt;
Il y avait surtout ceci : c'est que les gestes qu'il accomplissait
n'étaient point dictés par sa volonté propre, mais par celle de son
constructeur.&lt;br /&gt;
Ses entrailles n'étaient que des rouages et des bielles, sur quoi on avait
appliqué de la cire et des vêtements.&lt;br /&gt;
On a pu voir aussi un autre automate qui jouait aux cartes. Son fabricant lui
avait laissé son apparence mécanique de cauchemar. Il jouait réellement. Et il
gagnait... Mais c'était par un système compliqué de rayons électriques. Son
partenaire touchait-il une carte ? Ce geste déclenchait un autre geste
mécanique chez l'automate qui saisissait... automatiquement - c'est bien le cas
de le dire - la carte correspondante et supérieure. Il ne pouvait, évidemment,
que jouer à un seul jeu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2008/petit-journal1.jpg&quot; alt=&quot;Un homme est assis dans un fauteuil devant un tracteur&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Un homme est assis devant un tracteur
agricole mécanique. Il en contrôle la marche et la manoeuvre de son fauteuil et
même sans y toucher. Cet homme est un automate, conformé et habillé à la mode
humaine. C'est par la radio qu'il agit, en parfaite mécanique, c'est-à-dire
avec une parfaite inconscience. Car l'homme n'a pas encore fabriqué un cerveau.
Il faudrait, pour cela, qu'il pût fabriquer une âme.&lt;br /&gt;
Et cela, c'est le grand secret du Créateur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;la petite écuyère a cafté&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Citons, pour terminer, l'aventure suivante qui évoque, dans les temps
modernes et sous une autre forme, la légende de Pygmalion et de Galathée.
L'aventure s'est naturellement déroulée en Amérique.&lt;br /&gt;
Dans un cirque ambulant, un émule de Barnum présentait une merveilleuse
écuyère. Elle était de toute beauté et, dès qu'elle arrivait sur la piste,
soulevait les murmures admiratifs des spectateurs.&lt;br /&gt;
Aussi agile que belle, elle sautait d'un geste gracieux sur son cheval, passait
à travers plusieurs cerceaux en papier et se livrait à divers exercices de
haute école.&lt;br /&gt;
Un étranger, qui avait suivi le cirque dans plusieurs villes, était tombé
amoureux de l'écuyère, à laquelle il envoyait chaque soir une gerbe de
fleurs.&lt;br /&gt;
Lassé, cependant, de ne jamais recevoir même un sourire en remerciement, il osa
venir demander à voir la jolie écuyère.&lt;br /&gt;
On juge de son désappointement lorsqu'on la lui montra : c'était une
merveilleuse poupée articulée. Lorsqu'elle était en piste, le clown qui faisait
des cabrioles à côté d'elle, faisait en même temps manoeuvrer les ressorts et
le mécanisme de la belle automate.&lt;br /&gt;
L'étranger s'en fut désespéré, n'ayant même pas eu la consolation de voir sa
belle écuyère s'animer pour lui.&lt;br /&gt;
Car, si merveilleux que soient les automates, il leur manquera, toujours ce qui
fait, en réalité, la véritable vie, c'est-à-dire une âme.&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/chevron-fermant.gif&quot; alt=&quot;Fin de citation&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
Les machines peuvent arriver à remplacer une mécanique et peut-être un homme,
mais leur vie sera toujours artificielle, car elles n'auront jamais la pensée
et, pour leur insuffler une existence factice, il faudra toujours le cerveau
humain.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Louis D'ELMONT.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru dans &lt;em&gt;Le Petit Journal illustré&lt;/em&gt; du 19 mai 1935.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les intertitres sont de Legrenier&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>L'ordinateur, cerveau universel</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/10/11/Lordinateur-cerveau-universel</link>
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    <pubDate>Thu, 11 Oct 2007 15:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1957</category><category>IBM</category><category>mainframes</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/IBM704b.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.IBM704b_s.jpg&quot; alt=&quot;IBM 704&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/chevron-ouvrant.gif&quot; alt=&quot;Début de citation&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Créé par la compagnie IBM, l'ordinateur
scientifique 704 est entré en fonction depuis le mois de mars, place Vendôme.
Les visiteurs du 8ème Salon international de l'équipement de bureau pourront
avec intérêt aller l'y voir fonctionner, puisque le public est admis à venir
contempler ce prestigieux appareil. Mais il n'était pas question de pouvoir
transporter porte de Versailles une installation qui pèse plus de 21 tonnes, et
occupe le premier étage entier d'un immeuble.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Cet ordinateur scientifique, fruit de vingt ans d'efforts, et qui a coûté
près de cent mille heures de travail, est une unité arithmétique et logique
douée de mémoire, capable de résoudre en un temps record les problèmes les plus
divers, qu'ils soient d'ordre scientifique, administratif, etc.&lt;br /&gt;
C'est ainsi qu'il calcule en trois minutes le plan d'une aile d'avion, résout
en une heure des problèmes de science géophysique et nucléaire qui
accapareraient pendant plusieurs siècles un mathématicien usant de papier et de
crayons ! Grâce à lui un horaire de type SNCF est établi en cinquante
secondes, au lieu de trois semaines ordinairement. Pour citer deux exemples
significatifs de ses aptitudes universelles, disons qu'il peut calculer la
vitesse d'un engin téléguidé poursuivant un objectif plus vite que cet engin ne
se déplace, et même... établir le poids d'une vache sans qu'il soit nécessaire
de la peser. Le prix de revient de la consultation est d'environ 250 000 francs
de l'heure.&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/chevron-fermant.gif&quot; alt=&quot;Fin de citation&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt; (11 octobre 1957) – Il y a 50 ans dans
Le Monde. &lt;em&gt;Le Monde&lt;/em&gt; daté du jeudi 11 octobre 2007.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Illustration : la console de l'opérateur de l'IBM 704 (source :
&lt;a href=&quot;http://www.computer-history.info&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.computer-history.info&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Depuis quarante ans rien de nouveau sur Internet</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/09/24/Depuis-quarante-ans-rien-de-nouveau-sur-Internet</link>
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    <pubDate>Mon, 24 Sep 2007 22:25:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1967</category><category>1999</category><category>anticipation</category><category>commerce électronique</category>    
    <description>&lt;img style=&quot;margin: 0 1em 1em 0; float: left;&quot; alt=&quot;&quot; src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.philco_s.jpg&quot; /&gt;Commander ses vêtements de chez soi, gérer ses
comptes à distance ou encore faire confectionner ses repas par l'ordinateur,
tout cela avait été imaginé dès 1967 dans un petit film de marketing
prospectif. Un utile rappel pour ceux qui auraient oublié que la société de
consommation a précédé la société de l'information.    C'est en 1967 que Philco-Ford Corporation réalise le film &amp;quot;1999 AD&amp;quot;. Pour
prouver son savoir-faire technologique et sa préscience, le constructeur de
radios et télévisions bien connu outre-Atlantique imagine plusieurs scénettes
de la vie quotidienne, avec comme élément central le moniteur et l'ordinateur.
Nous sommes donc en pleine utopie marchande.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=4796674762025998102&amp;amp;hl=en&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;335&quot; width=&quot;425&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=4796674762025998102&amp;amp;hl=en&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
La première scène reproduite ici nous présente Madame en train de commander une
tenue d'enfant directement depuis son écran. Satisfaite de son achat, et
disposant d'un solide sens de l'à propos, elle n'a qu'un bouton à activer pour
pouvoir surveiller sa cyber-progéniture sur un petit écran situé au-dessus du
principal.&lt;br /&gt;
Reclus dans sa tour de contrôle, le mari est bien embêté devant ses trois
écrans et ses multiples consoles : pas très nano tout cela ! Après quelques
savantes commandes s'affiche sur l'un des écrans la facture de la commande. On
notera le regard désapprobateur du mari, qui prouve à ceux qui en doutent
encore &lt;del&gt;que de tous temps les femmes ont ruiné leurs maris &lt;/del&gt;que
les problèmes d'argent sont le lot quotidien de nombreux couples.&lt;br /&gt;
Heureusement que la connexion avec la banque est immédiate et que Monsieur peut
imprimer derechef la facture : il pourra la brandir ce soir sous le museau de
sa chère et tendre, si la soupe est froide !&lt;br /&gt;
Comme Philco vend des télés, ils n'ont pas pensé à inventer le clavier. C'est
ballot ! Mais il en faudrait plus au mari pour se décourager, d'autant plus
qu'il dispose d'une superbe tablette graphique pour sa correspondance.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;object data=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=1872819748007083565&amp;amp;hl=en&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; height=&quot;335&quot; width=&quot;425&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://video.google.com/googleplayer.swf?docId=1872819748007083565&amp;amp;hl=en&quot; /&gt;
&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;
La seconde vidéo met un terme définitif à la rumeur selon laquelle Loïc Le Meur
aurait inventé le blog culinaire. Dès 1967, on avait prévu de laisser Madame
consulter son ordinateur pour composer des menus hautement diététique. Et dès
cette époque on s'était rendu compte que cela ne servait à rien, puisque
Monsieur veut bouffer chaque soir son cheeseburger avec des frites et de la
bière. (Quarante ans plus tard, les blogs culinaires ont pris des couleurs et
parlent moins de cheeseburgers : &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://bluenotegourmand.canalblog.com&quot;&gt;la preuve&lt;/a&gt;)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merci encore à la GoldenGirl &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://leblogamanivelle.hautetfort.com&quot;&gt;Manivelle&lt;/a&gt; qui m'a fourni le
premier lien vers ces vidéos ; je suis sûr qu'elle aurait adoré joué le premier
rôle de ce sitcom !</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/09/24/Depuis-quarante-ans-rien-de-nouveau-sur-Internet#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>&quot;Désolé, je suis parti trop tôt...&quot;</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/07/07/Desole-je-suis-parti-trop-vite</link>
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    <pubDate>Sat, 07 Jul 2007 11:16:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1965</category><category>1978</category><category>1996</category><category>1998</category><category>2000</category><category>2001</category><category>Human-links</category><category>Idéliance</category><category>Newton</category><category>pionniers</category><category>Ted Nelson</category><category>transclusion</category><category>Xanadu</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/Colomb.gif&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.Colomb_s.jpg&quot; alt=&quot;Christophe Colomb, trop pionnier quelque part&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;Dans le domaine de
l'innovation comme dans celui de l'amour, adopter le bon timing est chose
capitale&lt;/strong&gt;. Concentrons-nous sur l'innovation (vous trouverez pas loin
d'ici tout un tas de blogs consacré à l'amour), j'entame aujourd'hui une liste
de pionniers et d'inventions géniales et qui, pourtant, n'ont pas rencontré le
succès escompté. Faute de rencontrer leur public.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;- Human-links (2001) : réseau social à partir de ses propres favoris,
un des piliers du Web 2.0 (&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/post/2007/06/13/Humains-contre-moteurs-%3A-la-guerre-ne-date-pas-dhier&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;j'en parle ici&lt;/a&gt;) ;&lt;br /&gt;
- Idéliance (2000) pour la gestion des connaissances (&lt;a href=&quot;http://olivier.roumieux.free.fr/articles/148-ideliance.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;j'en ai parlé ici&lt;/a&gt;) ;&lt;br /&gt;
- Apple et son PDA (Personal Digital Assistant) Newton (1996), ancêtre
encombrant du Palm (&lt;a href=&quot;http://www.obsolete-tears.com/photos/Apple-Newton-OMP.jpg&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;on le
voit ici&lt;/a&gt;) ;&lt;br /&gt;
- Oracle et son Network Computer (&lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/1998/NC_17-09-98.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;on en
parle ici&lt;/a&gt;) en 1996, fondu aujourd'hui dans le client léger ;&lt;br /&gt;
- au milieu des années 60, Ted Nelson installe la &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/tag/transclusion&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;transclusion&lt;/a&gt; (copies virtuelles et décentralisées de
documents) au coeur de son système Xanadu ;&lt;br /&gt;
- Black Devil Disco Club (1978), le pionnier français Bernard Fèvre s'était
accroché un peu tard à la disco, sans prévoir la techno ; il revient grâce
à un sample des Chemical Brothers (&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/culture/musique/232779.FR.php&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;on en
parle ici&lt;/a&gt;) ;&lt;br /&gt;
- Canalweb (1998), à la fois héros et victime de la bulle Internet, vaincu
notamment par un RTC persistant et un ADSL trop tardif (&lt;a href=&quot;http://cerig.efpg.inpg.fr/nouvelle/1998/NC_17-09-98.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;on en
parle ici&lt;/a&gt;) ; dommage au regard des Dailymotion et TV Perso
d'aujourd'hui.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(Liste interrompue suite à mémoire discontinue, merci de compléter dans les
commentaires...)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Légende de la gravue : Christophe Colomb est parti bien trop tôt pour
rencontrer Paris Hilton, quel gâchis !&lt;br /&gt;
(source : http://www.vivamexico.info/Index1/Conquete.html)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/07/07/Desole-je-suis-parti-trop-vite#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Humains contre moteurs : la guerre ne date pas d'hier</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/06/13/Humains-contre-moteurs-%3A-la-guerre-ne-date-pas-dhier</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c343c16e644c80e2b594dc39c2df8f84</guid>
    <pubDate>Wed, 13 Jun 2007 19:23:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>2001</category><category>cartographie</category><category>connaissances</category><category>Intelligence collective</category><category>Web 0.1</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/humanlinks.gif&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.humanlinks_s.jpg&quot; alt=&quot;L'interface de Human Links&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Un peu de Web 2.0 ce matin avec la
démo de &lt;a href=&quot;http://www.yoono.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Yoono&lt;/a&gt; par l'un de ses
fondateurs, Pascal Josselin, lors de la première conférence d'&lt;a href=&quot;http://www.i-expo.net/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;I-Expo&lt;/a&gt;. L'objectif n'est pas moins
ici que d' &amp;quot;industrialiser le bouche à oreilles&amp;quot;, soit d'exploiter vos favoris
pour les faire découvrir à d'autres internautes disposant des mêmes centres
d'intérêt. De l'expertise mutualisée, en somme. Ce qui n'est pas sans me
rappeler quelques vagues souvenirs...&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Vous contribuez par vos favoris, mais vous recevez également, puisque lors
de vos surfs, la petite extension vous permet de découvrir d'autres sites
similaires. C'est un peu comme del.icio.us (moi qui avais mis des mois à créer
mon compte...), mais en plus interactif. Il y a de la sérenpidité, comme on dit
quand on gobe du Web 2.0 au p'tit déj, et du &amp;quot;bookmarking social&amp;quot; (j'ai pas dit
&amp;quot;TVA sociale&amp;quot;) quand on suit le blog de Loïc Le Meur. Enfin je ne connais pas
encore trop Yoono puisque je ne l'ai pas essayé (ehhh c'est pas un blog sur le
Web 2.0, ici, c'est pas ça qui manque juste à côté !). On parle de &amp;quot;bookmarking
social&amp;quot;, je crois.&lt;br /&gt;
Bon la présentation se poursuit tranquillement, avec les habituels &amp;quot;slides&amp;quot; en
anglais (vous savez, je parle d'habitude à des anglo-saxons...) et la maîtrise
affichée lors de la non moins inévitable coupure de réseau. Et tout le long de
cet aimable démonstration colorée, le souvenir de Human-links ressurgit à mon
esprit tristement Web 1.0. Human-links, qui n'est &lt;a href=&quot;http://www.social-computing.com/showitem.php?ID=199&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;plus
maintenu aujourd'hui&lt;/a&gt;, était une solution qui s'était développée au tout
début de ce siècle sur la vague du Peer-to-peer.&lt;br /&gt;
Je ne résiste pas au plaisir de vous reproduire ci-bas l'article que j'avais eu
le plaisir d'écrire à l'époque pour Archimag. Vous comprendrez, si ce n'est
déjà fait, que dans la vie, il ne suffit pas d'avoir une idée géniale, encore
faut-il sentir le moment pour la lancer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Human Links : cerveaux de recherche (juin 2001)&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&amp;quot; Les solutions centralisées ont montré leurs limites.&amp;quot; Yves Simon,
directeur commercial de la jeune société française Amoweba, est
catégorique : les Google et consorts ne peuvent plus endiguer l'expansion
documentaire du Web (selon une étude américaine, on évalue la taille du Web
entre 5 et 500 milliards de pages !). Sa parade : Human Links, un réseau
de recherche peer-to-peer (P2P, pair-à-pair, un modèle de stockage de
l'information décentralisé popularisé par Napster).&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;les communautés s'auto-organisent&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Chaque utilisateur, de par ses favoris et ses requêtes, constitue un pôle
d'expertise enrichissant l'ensemble du système. Chaque fois qu'il trouve un
nouveau site pertinent, éventuellement par le biais d'autres outils de
recherche, il l'ajoute grâce à une barre d'outils spécifique. Progressivement,
des communautés s'auto-organisent par le biais de leurs requêtes. Ici, pas
d'outil de collecte automatique, comme c'est le cas habituellement, mais une
collecte manuelle et sélective. Côté recherche, le logiciel client Human Links
cartographie, grâce à un algorithme neuronal et selon une approche statistique,
l'univers informationnel mouvant. Amoweba compte évidemment sur la
participation des sites producteurs d'information, qui devraient comprendre
tout l'intérêt d'être classés de façon pertinente. Chaque machine du réseau
stocke donc une part d'information, ce qui peut représenter un frein à son
utilisation. Amoweba jure ses grands dieux qu'aucune information personnelle ne
circulera. Pour amorcer cette fabuleuse machinerie, la société lance ce mois-ci
une opération de béta test, ouverte à 100 000 volontaires français. Le système
n'étant pas encore opérationnel, le suspens reste entier quant à ses
performances très séduisantes… sur le papier.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques remarques a posteriori (facile, vous me direz) : il fallait
installer un logiciel client, l'intégration n'était pas parfaite avec le
navigateur, l'interface n'était pas vraiment fun et la &amp;quot;rémunération
symbolique&amp;quot; de chaque contributeur pas assez forte. Cependant l'outil
développait des fonctionnalités cartographiques intéressantes et faudrait faire
preuve d'une mauvaise foi gigantesque pour nier que le projet reposait sur une
grande idée. Tous les Yooyoo de 2007 sont là pour le prouver.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Viens jouer le jeu de la guerre</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/05/19/Viens-jouer-le-jeu-de-la-guerre</link>
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    <pubDate>Sat, 19 May 2007 15:43:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1983</category><category>cinéma</category><category>hacking</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/wargames_video_box.jpg&quot; alt=&quot;Wargames - affiche&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;strong&gt;J'ai revu l'autre soir
&lt;em&gt;Wargames&lt;/em&gt; (John Badham, 1983) et je m'en vais vous narrer ce mythe
fondateur&lt;/strong&gt;, à l'origine de nombreuses vocations. Alors si aujourd'hui
vous travaillez chez Microsoft alors qu'à douze ans vous vous rêviez en pirate
des réseaux, cette relecture est pour vous.&lt;br /&gt;
C'est l'histoire de David Lightman, un jeune cancre américain de 17 ans qui
possède dans sa chambre un ordinateur avec écran hublot et gros modem. Juste
avant que notre héros se connecte à l'histoire, nous suivons une réunion au
Norad (Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord) où il est
décidé, contre l'avis des militaires, de ne plus avoir recours à des agents
humains pour lancer des missiles, mais plutôt au système WOPR (War Operation
Planned Response), réputé infaillible.&lt;br /&gt;
Première acte de bravoure de notre héros hacker : changer ses notes de
biologie et celles d'une copine, directement depuis sa chambre avec sa grosse
babasse : un coup de fil à l'ordinateur, le login récupéré dans le tiroir
de la secrétaire du dirlo et hop le tour est joué, c'est comme cela que ça se
passe dans les écoles américaines en 1983 !&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Objectif Protovision&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain matin, David feuillette une brochure Protovision qui annonce le
lancement de nouveaux jeux : ni une ni deux il fait composer toute la nuit
le modem afin qu'il trouve le numéro d'accès au serveur de Protovision. Eh oui,
à cette époque on n'a pas encore inventé le Web et on ne trouve pas encore de
www en bas de chaque pub pour des serviettes hygiéniques ou du café.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/wargames-1.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.wargames-1_m.jpg&quot; alt=&quot;Wargames - David et Jennifer&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Il accède enfin au serveur convoité le
lendemain, toujours en compagnie de sa copine (avec laquelle il n'a évidemment
encore tenté aucun « scan de port », le nigaud). Une simple commande
« list games » lui permet de faire dérouler la liste des jeux
disponibles. David néglige les jeux de dames ou d'échecs pour évidemment jeter
son dévolu sur le dernier choix, comme par hasard : « Global
Thermonuclear War ». Imaginez un peu ce qu'aurait pu devenir ce film si David
avait choisi le Pendu pour épater sa copine (bon là toutes mes félicitations à
ceux qui suivent et ont compris les grosses allusions cachées derrière cette
dernière phrase).&lt;br /&gt;
La scène suivante apprend à David le concept de backdoor : chaque
développeur se créé un login particulier pour accéder directement au système
pleinement fonctionnel, il « suffit » de connaître cet accès pour
pénétrer indûment dans le système (une astuce qui sera pas mal utilisée plus
tard de l'autre côté de l'Atlantique, avec le Minitel).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;« Shall we play a game »&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le jeune adolescent se met alors en quête (sans Jennifer) de la backdoor qui
pourrait lui donner accès au jeu désiré. A partir du nom du jeu « Falken's
Maze », il découvre que Falken est un scientifique décédé en 1973 et qui avait
créé un système qui apprenait de lui-même à apprendre, un modèle primitif
d'intelligence artificielle, en somme. Sa femme et son fils Johua sont décédés
tragiquement dans un accident de voiture. David se connecte avec le login
joshua et crac, le système le reconnaît comme le professeur Falken. Ce qui est
chouette, c'est que l'ado possède en plus un module de synthèse vocale qui
renforce l'impression de se croire dans un film. A noter que le serveur demande
un logon et même pas de mot de passe. Si un internaute peut m'expliquer la
différence entre login et logon, je suis preneur.&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/wargames.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.wargames_m.jpg&quot; alt=&quot;Wargames - écran terminal&quot; /&gt;&lt;/a&gt; « Shall we play a game ? »,
demande le système sournois.&lt;br /&gt;
« Global Thermonuclear War », répond cette bourrique de David, qui prend
illico les Russes pour attaquer Las Vegas et Seattle, sa hometown.&lt;br /&gt;
Changement d'ambiance, ça commence à s'agiter du côté des gros bonnets de la
Norad qui ont détecté sur leur écran gigantesque une attaque des Ruscofs.
L'alerte tourne court car David s'est déconnecté pour descendre les poubelles
(eh oui, tout nerd reste humain) mais on en parle tout de même à la télé, ce
qui panique pas mal David. Heureusement que Jennifer est là pour le calmer
(comment, je ne vous le dirai pas).&lt;br /&gt;
Malédiction, le serveur rappelle chez David et entend bien continuer la partie,
malgré le fait que David arrache la prise du téléphone. Ce qui devait arriver
arriva : le FBI débarque chez David et l'embarque devant les yeux médusés
de ses parents. Après quelques péripéties tues grâce à une habile ellipse,
David arrive à s'échapper après avoir enregistré sur un petit magnéto la
fréquence vocale du code d'ouverture de sa geôle. La reproduction sonore de
signal est une technique détournée pour la première fois par le fameux Captain
Crunch, premier des phreaks, pour téléphoner gratuitement (nous y reviendrons
dans un autre billet).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Même pas mort&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Encore plus fort, David utilise une bout de métal pour obtenir la ligne dans
une cabine téléphonique (je connaissais le coup de l'allume-gaz pour créditer
le flipper mais pas celui-ci, de toutes façons on s'en fiche, les cabines
téléphoniques n'existent quasiment plus en France). Il appelle Jennifer et elle
le rejoint – un peu facilement il faut le reconnaître messieurs les
scénaristes. Tous les deux ils prennent un bateau et débarquent sur une île où
ils retrouvent le véritable Falken, même pas mort, mais en fait caché parce que
c'est lui l'inventeur de la créature surpuissante et artificiellement
intelligente que l'on appelle WOPR (je l'ai bien aimé ce film, moi).&lt;br /&gt;
De fils en aiguille, on se retrouve tout de même au niveau Defcon 2 (Defense
Condition), le suivant signifiant l'état de guerre nuclaire, brrrr. Le WOPR se
complaît à faire clignoter toutes ses lumières rouges et jaunes pour faire
genre je cogite à donf, je vous prépare un méga-champignon qui restera dans les
annales. Ah oui, ça me fait penser que sur l'île du savant fou, nos deux jeunes
héros ont failli conclure. S'ils avaient pu le faire, je ne serais pas là à
vous narrer cette histoire puisque la bombe nous aurait tous bel et bien
grillé. Mais nos jeunes frustrés préfèrent rentrer au Centre de commandement en
Jeep, accompagné de leur chaperon Falken. Celui-ci arrive à persuader
l'ensemble des troufions supérieurs que tout cela est une simulation, du bluff
!&lt;br /&gt;
Malheureusement il n'est plus possible de désengager les missiles et le système
vicelard cherche à deviner tout seul les codes de lancement. David a alors une
idée de génie, il enclenche sur le système une partie de Tic-Tac-Toe (que l'on
appelle également « morpion », mais ça n'aurait pas super plu à Jennifer)
mais au lieu de se prendre le chou comme on a pu le faire nous avec Merlin, il
fait jouer l'ordinateur contre lui-même. Ce qui ne tarde pas à provoquer
moultes explosions synonymes des plantages que rencontre le WOPR abusé (et
c'est là qu'on remercie Bill Gates d'avoir inventé l'écran bleu de la mort,
c'est moins dangereux).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;The only winning move is not to play&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le problème qui embête notre ami très artificiellement intelligent, c'est
que dans une guerre nucléaire, personne ne gagne (t'entrevois la morale, ami
lecteur qui m'a suivi jusqu'ici ?), ce qui n'arrange pas les affaire de notre
tas de ferraille binaire. Qui conclut vaincu : « a strange
game : the only winning move is not to play. »&lt;br /&gt;
Voilà, le monde est sauvé et finalement, on a vu moins d'ordinateurs que je
l'espérait au début du film. On retiendra tout de même que David réalise ses
exploits à partir d'un IMSAI 8080 associé à un modem de type coupleur
acoustique. Un dispositif pas forcément à la pointe de la technologie car,
comme nous l'apprend Wikipedia (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/IMSAI_8080&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/IMSAI_8080&lt;/a&gt;), ce type de modem était déjà
dépassé en 1983 et le modèle d'ordinateur présenté était sorti aux Etats-Unis
sept ans auparavant !&lt;br /&gt;
Au-delà de cet aspect matériel, nombre de situations et de clichés sont mis en
place dans le film, certains pour la première fois exposés à la vue du grand
public. C'est le cas évidemment du jeune hacker prodige, américain Wasp qui n'a
rien d'un terroriste mais cherche juste à accomplir des prouesses. La chambre
close ouverte sur le cyber-monde grâce au modem donnera lieu également à
d'autres représentations ultérieures. Enfin, non des moindres, la thèse
cybernétique selon laquelle les machines serviront avant tout à pallier les
faiblesses des hommes, et ainsi à préserver l'humanité de sa chute, est ici
battue en brèche. Une remise en cause des progrès de la science post-Hiroshima
incarnée par le pessimiste professeur Falken : « l'extinction fait
partie de l'ordre naturel des choses ».&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/winning-move.jpg&quot; alt=&quot;Wargames - conclusion&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Revivre l'aventure en texte : &lt;a href=&quot;http://www.cswap.com/1983/WarGames/cap/fr&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.cswap.com/1983/WarGames/cap/fr&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Article Wikipedia sur le film : &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/WarGames&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/WarGames&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/05/19/Viens-jouer-le-jeu-de-la-guerre#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Intelligence collective - Bonus : les commentaires du grenier</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/03/18/Intellegence-collective-Bonus-%3A-les-commentaires-du-grenier</link>
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    <pubDate>Mon, 19 Mar 2007 14:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>communautés virtuelles</category><category>Intelligence collective</category><category>Pierre Lévy</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/poyet.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.poyet_s.jpg&quot; alt=&quot;Gravure de Poyet&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Comme je
l'ai annoncé dans &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/post/2006/11/02/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-comme-nouvelle-infrastructure&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;mon premier billet&lt;/a&gt; relatif à l'Intelligence collective, je
n'ai pas relu attentivement le bouquin, mais plutôt des notes que j'avais
prises approximativement à l'époque de sa sortie. Il y a donc risque de
distorsion. Plutôt que de m'en tenir rigueur, le lecteur attentif n'hésitera
pas à apporter ses commentaires. D'autant plus que j'avoue ne pas avoir lu les
ouvrages suivants de Pierre Lévy, ayant quelque peu décroché à l'époque de
World Philosophy.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tentation est grande de vouloir plaquer la réalité d'aujourd'hui sur une
grille de lecture destinée à la réflexion, néanmoins je trouve que l'exercice
peut s'avérer amusant, voire instructif.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SI VOUS AVEZ MANQUE LE DEBUT DU FILM, je vous conseille de lire &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/tag/Intelligence%20collective&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;mes deux précédents billets
consacrés à l'Intelligence collective&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'influence de la cybernétique et la portée sociale de l'IC&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans l'ouvrage de Lévy une grande influence de la cybernétique
(&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cybern%C3%A9tique&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Cybern%C3%A9tique&lt;/a&gt;), tant dans son
approche systémique du cyberespace que dans la volonté de s'appuyer sur les
progrès des ordinateurs (les machines) pour favoriser l'émergence de
l'intelligence collective. « L'informatique communicante se présenterait
alors comme l'infrastructure technique du cerveau collectif ou de l'hypercortex
de communautés vivantes. »&lt;br /&gt;
Rappelons que le projet de Lévy s'inscrit dans une certaine histoire des
techniques des réseaux :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;dans les années 60, Engelbart et LickLider tous deux chercheurs au Xerox
Parc découvrent le potentiel social de la mise en réseau
d'ordinateurs ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;dans les années 80 la télématique permet la création de réseaux
universitaires pour la recherche et émerge en tant que phénomène économique et
culturel ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;fin de ces mêmes années 80, on assiste à un processus d'interconnexion
généralisée qui engendre une croissance exponentielle des usagers de la
communication informatisée.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;A l'orée de l'ouverture de l'espace du savoir, Lévy identifie en particulier
trois champs susceptibles d'avancées concrètes : la création ou
restauration du lien social, le traitement et la gestion de l'information, la
gestion des ressources humaines.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Superposition des quatre espaces&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette idée m'a très rapidement attiré, on peut en effet décomposer pas mal
de phénomènes de sociétés selon cette grille de lecture (body-art,
tribalisation, repli territorial...). Les premières start-up ont-elles
d'ailleurs bien lu Lévy (ou trop) ? En pensant que l'âge de l'information
allait supplanter tous les autres, plutôt que venir les recouvrir, n'ont-elles
pas pour certaines complètement oublié la logistique, instrument indispensable
pour arpenter le Territoire (mortar), au détriment du tout online (click)
?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Identités quantiques&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans notre ère post-Hotmail, ce concept trouve ses premières concrétisations
avec les multiplications des adresses virtuelles, destinées chacune à des
usages bien particuliers.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Gestion des connaissances, hier et aujourd'hui&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La problématique de la gestion des connaissances n'est pas récente dans
l'entreprise. Voici déjà plusieurs années que l'on se préoccupe de gérer les
agrégats d'informations que représentent les connaissances. Temps partiel,
pré-retraites, diminution du temps de travail, comment pérenniser les pratiques
et bonnes procédures dans un environnement humainement mouvant. La gestion des
connaissances s'appuie déjà sur des outils logiciels, tels que des forums,
bases textuelles catégorisées, représentations graphiques d'ensembles
constitués...&lt;br /&gt;
Avec les arbres de connaissances, sur lesquels il a travaillé avec Michel
Authier, Pierre Lévy a apporté sa contribution à ces travaux : « Sur
le quatrième espace, nous avons nommé, avec Michel Authier, cosmopédie un
nouveau type d'organisation des savoirs, reposant largement sur les
possibilités ouvertes depuis peu par l'informatique pour la représentation et
la gestion dynamique des connaissances. »&lt;br /&gt;
Le philosophe quitte le cercle de l'encyclopédie : « Plutôt qu'à un
texte à une seule dimension, ou même à un réseau &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/tag/hypertexte&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;hypertextuel&lt;/a&gt;, nous avons affaire à un espace
multidimensionnel de représentations dynamiques et interactives. »&lt;br /&gt;
De nombreux travaux sur la représentation des connaissances ont débouché ces
dernières années sur des applications concrètes, utilisables par le grand
public, comme Cow9 du défunt AltaVista ou le toujours bien vivant &lt;a href=&quot;http://www.kartoo.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Kartoo&lt;/a&gt;. Côté professionnels, les
veilleurs utilisent des interfaces de modélisation graphique des connaissances
et on en connaît déjà des exemples concrets d'utilisation, comme l'analyse de
la rumeur et de l'opinion en contexte de crise. Mais ces « cartes »
sont-elles bien « ciné » : intègrent-elles la notion de mouvement, de
dynamique, dans leurs principaux indicateurs ?&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Emergence des Intellectuels Collectifs&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous assistons aujourd'hui à une profusion d'individualités qui s'agrègent
dans des collectifs.&lt;br /&gt;
Les forums, forme ancienne de l'association virtuelle puisqu'ils remontent au
réseau Usenet, regroupent les internautes selon leur affinité, leurs goûts,
leur profession, voire leur fétichisme. On peut y constater une véritable forme
d'entraide, pour peu que les formes soient mises.&lt;br /&gt;
Les pages perso relient entre elles les individualités, soit au sein de projets
ambitieux tels que FriendOfAFriend (&lt;a href=&quot;http://www.foaf-project.org&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.foaf-project.org&lt;/a&gt;) ou de services plus triviaux
comme MySpace (&lt;a href=&quot;http://fr.myspace.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.myspace.com&lt;/a&gt;). Mais s'en dégage-t-il une quelconque
Intelligence Collective ?&lt;br /&gt;
Les blogs sont une autre évolution de la page perso des années quatre-vingt
dix, intéressants de par leurs commentaires, rétroliens et fils RSS intégrés.
Wikipédia n'existait pas du temps où Pierre Lévy a écrit sont livre. C'est un
bel exemple d'intelligence collective (d'autres projets sont en cours de
développement), mais est-il assez dynamique pour les critères du philosophe
?&lt;br /&gt;
Les tags sont un autre aspect très intéressant des blogs et autres sites
communautaires. Ajoutés le plus souvent par les internautes, sans validation ni
référence à une autorité lexicale, ces mots-clés donnent une bonne vision du
contenu d'un article, d'une rubrique ou même d'un site entier (ce blog utilise
d'ailleurs ce système pour mieux représenter son contenu). Astucieux, la taille
des tags varie selon leur fréquence d'apparition. Dans les sites contributifs,
chaque internaute participe ainsi à la catégorisation des contenus, le nombre
venant pallier les inconvénients certains de la méthode (pas d'équivalences,
ambiguités, mono-linguisme...).&lt;br /&gt;
Bien que l'idée ne soit pas nouvelle également, le site français de
Questions-réponses de Yahoo! (&lt;a href=&quot;http://fr.answers.yahoo.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.answers.yahoo.com&lt;/a&gt;) semble actuellement rencontrer son
public.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;du côté de la politique&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan politique, Lévy constate que :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;les formes actuelles de gouvernement se sont stabilisées à une époque où
les changements techniques, économiques et sociaux étaient moins rapides
qu'aujourd'hui ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les grands problèmes politiques du monde contemporain sont plus ou moins
interconnectés dans un espace mondialisé ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les procédures actuelles d'évaluation et de décision ont été établies dans
une écologie de communication simple, alors que l'information est aujourd'hui
de nature torrentielle ;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les gouvernements utilisent majoritairement des techniques de communication
molaires, ne se servant de l'informatique que pour gérer le fonctionnement
bureaucratique et non pour expérimenter des formes d'organisation ou de
traitement de l'information innovantes, plus souples et interactives. Bref,
l'espace de communication et de pensée des hommes politiques est presque
entièrement polarisé par les médias de masse.&lt;br /&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;&lt;br /&gt;
Doit-on alors voir dans les tentatives virtuelles et les « débats
participatifs » de Ségolène Royal (&lt;a href=&quot;http://www.desirsdavenir.org/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.desirsdavenir.org&lt;/a&gt;) comme une mise en application
d'une volonté de briser le carcan des mas-media ? Le Parti Socialiste pose
aujourd'hui implicitement la question de savoir comment un parti de masse
(molaire) peut faire remonter les aspirations individuelles (moléculaire) sans
sombrer dans le populisme et tout en proposant toujours une perspective. Une
tâche difficile, comme le démontre son propre site institutionnel (&lt;a href=&quot;http://www.parti-socialiste.fr/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.parti-socialiste.fr&lt;/a&gt;), qui n'est plus qu'un agrégat de fils
RSS complètement dans la tendance Web 2.0, mais qui peine à présenter
clairement sa ligne éditoriale.&lt;br /&gt;
Comment faire en sorte de ne pas exclure ceux qui ne sont pas dans le Réseau
(la fameuse « fracture numérique »), car on peut la redouter, si l'on
s'appuie de plus en plus sur la technique ?&lt;br /&gt;
« Il n'est pas absurde d'envisager que, dans quelques années, la plupart
des foyers puissent être équipés de terminaux (les cybergates) d'un dispositif
de communication selon un schéma en espace tous / tous ». Mais pour y parvenir,
l'équipement de la population est une priorité : « le cyberspace
coopératif doit être conçu comme un véritable service public ».&lt;br /&gt;
En voici un beau slogan que l'on entend peu au cours de cette campagne
présidentielle.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'espère vous avoir donné envie de lire le livre : &lt;a href=&quot;http://www.amazon.fr/LIntelligence-collective-Pour-anthropologie-cyberspace/dp/2707126934/sr=8-2/qid=1162576249/ref=sr_1_2/403-8602147-7352432?ie=UTF8&amp;amp;s=books&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;Disponibilité chez Amazon&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Gravure : Poyet (&lt;a href=&quot;http://www.brainstormixing.com&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.brainstormixing.com&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Ted Nelson : roi mythique en son palais Xanadu</title>
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    <pubDate>Mon, 05 Feb 2007 09:02:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1965</category><category>enfilade</category><category>hypertexte</category><category>Ted Nelson</category><category>transclusion</category><category>transcopyright</category><category>Xanadu</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/tednelson1.jpg&quot; alt=&quot;Ted Nelson himself&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;Aujourd'hui je vais tenter de vous parler
d'un mec vraiment barré, d'un pionnier qui a vu le futur, mais avec les
lunettes de travers sur le pif. Un destin tragique, bien qu'il ne soit pas
encore décédé et croit encore dur comme fer avoir les bonnes lunettes. Ted
Nelson est rien de moins que l'inventeur de l'hypertexte dès 1965 lors de la
20ème conférence nationale de l'Association of Computer Machinery (« Une
structure de fichiers pour le complexe, ce qui change et les intermédiaires »)
(1). Rien qu'avec ça au tableau de chasse moi je veux bien aller me coucher et
laisser la place aux jeunes. Mais Nelson ne s'est pas contenté de forger un
néologisme, il a imaginé tout le système technique et documentaire qui va
avec.&lt;br /&gt;
« Par hypertexte, j’entends simplement écriture non séquentielle. (...) Il
y a deux arguments essentiels en faveur de l’abandon de la présentation
séquentielle. Le premier est qu’elle dégrade l’unité et la structure du réseau
du texte. Le deuxième est qu’elle impose à tous les lecteurs une seule et même
séquence de lecture qui peut ne convenir à aucun. » (2)&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;les 17 règles de Xanadu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Dans le contexte des années 60, où les ordinateurs centraux règnent en
maître, et les capacités de stockage sont infimes, notre visionnaire imagine un
système qui permettrait à tout un chacun de stocker de l'information et de la
mettre à disposition de tous quasi instantanément (celui à qui cette
description ne dit rien ne mérite même pas de s'abonner à AOL).&lt;br /&gt;
Il nomme le système Xanadu (3) – bon là on sent pointer une once de mégalomanie
tout de même, cf. Citizen Kane – et édicte 17 règles pour donner une certaine
cohérence à son projet.&lt;br /&gt;
1.Chaque serveur Xanadu est unique et sécurisé.&lt;br /&gt;
2.Chaque serveur Xanadu peut être mis en service séparément ou en réseau.&lt;br /&gt;
3.Chaque utilisateur est unique et identifié.&lt;br /&gt;
4.Chaque utilisateur peut rechercher, récupérer, créer et stocker des
documents.&lt;br /&gt;
5.Chaque document peut consister en un nombre quelconque de parts donc chaque
élément peut être constitué de quelque genre que ce soit.&lt;br /&gt;
6.Chaque document peut contenir des liens de tous types, voire de copies
virtuelles (&amp;quot;transclusions&amp;quot;) d'un autre document accessible par son
propriétaire.&lt;br /&gt;
7.Les liens sont visibles et peuvent être suivis depuis les deux
extrémités.&lt;br /&gt;
8.La permission de lier vers un document est explicitement garantie par l'acte
de publication même.&lt;br /&gt;
9.Chaque document peut contenir un mécanisme de rétribution, à un degré
quelconque de granularité, pour assurer le paiement de chaque portion accédée,
en incluant les copies virtuelles (« transclusions ») de tout ou partie
d'un document.&lt;br /&gt;
10.Chaque document est identifié, unique et sécurisé.&lt;br /&gt;
11.Chaque document peut avoir des règles d'accès sécurisés.&lt;br /&gt;
12.Chaque document peut rapidement être recherché, stocké et récupéré sans que
l'utilisateur ne sache où il est physiquement situé.&lt;br /&gt;
13.Chaque document est automatiquement situé sur un moyen de stockage approprié
vis-à-vis de sa fréquence d'accès depuis n'importe quel point de
consultation.&lt;br /&gt;
14.Chaque document est automatiquement stocké de façon redondante, pour
maintenir la disponibilité même en cas de désastre.&lt;br /&gt;
15.Chaque fournisseur de service Xanadu peut facturer à sa discrétion ses
utilisateurs pour le stockage, la récupération, et la publication de
documents.&lt;br /&gt;
16.Chaque transaction est sécurisée et reste perceptible seulement par les
parties l'effectuant.&lt;br /&gt;
17.Le protocole de communication client-serveur Xanadu est un standard
librement publié. Le développement et l'intégration de tierces parties sont
encouragés.&lt;br /&gt;
Que celui qui lit ses 17 règles aujourd'hui sans reconnaître ébahi la
clairvoyance du type n'a plus qu'à disparaître foudroyé par un court-circuit de
son Minitel !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;prototype en Algol et en Fortran&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les années suivantes sont employées par Nelson à développer son projet, tant
sur le plan de la structure informationnelle que du code informatique. Il
s'appuie notamment sur un groupe de jeunes étudiants conquis par sa vision, les
Resistors (Radically emphatic students interested in science, technology and
other research studies)... ouf !&lt;br /&gt;
C'est à cette époque, au début des années 70, que naît le concept d'
« enfilade », une structure documentaire particulière et jalousement
gardée secrète. Le premier prototype du logiciel Xanadu a été développé dans
des langages aujourd'hui oubliés ou en voie de l'être (Algol et Fortran) sur
une machine louée que Nelson, à court d'argent, dut rendre avant que le moindre
investisseur ne concède un bouton de sa chemise. Précisons que Nelson n'étant
pas développeur, il dut engager un professionnel pour concrétiser cette
première étape.&lt;br /&gt;
Qui s'avère être le premier coup d'arrêt de ce que Wired qualifiera un
vingtaine d'années plus tard comme « the longest-running vaporwave story
in the history of the computer industry » (4)&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/computerlib_front_30.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.computerlib_front_30_s.jpg&quot; alt=&quot;Computer Lib&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;En 1974, il publie son premier
(double) manifeste : &lt;em&gt;Computer Lib / Dream machines&lt;/em&gt; puis, trois
ans plus tard, &lt;em&gt;The Home Computer Revolution&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
Le projet repart à la fin de la décennie avec une nouvelle équipe qui
recommence depuis le début la conception technique du système. Une nouvelle
structure de données et la méthode de gestion des documents est mis au point en
1981, juste avant la mise au point du premier serveur réseau Xanadu. cette même
année, notre hyper-visionnaire publie &lt;em&gt;Litterary machines&lt;/em&gt; dans lequel
il approfondit sa conception d'une bibliothèque universelle hypertexte (1987).
En 1983, la Xanadu Operating Company, Inc. (XOC, Inc.) est créée pour terminer
le développement du système et envisager sa commercialisation. Vous croyez
qu'on y est ? C'était sans compter avec Autodesk qui, après avoir racheté
XOC en 1988, décide de relancer complètement le projet, malgré l'acquis de 1981
qui lui ne sera jamais commercialisé.&lt;br /&gt;
Quatre ans plus tard, Autodesk traverse une restructuration et abandonne le
projet, après cinq millions de dollars de dépenses. Les droits de poursuivre le
développement du serveur Xanadu sont vendus en licence à la société Memex, Inc.
of Palo Alto et le nom de marque « Xanadu » est rendu à Nelson. Le
travail continue dans les années 90 dans la société XOC, alors même que Nelson
part s'installer au Japon fonder le Sapporo HyperLab. Contre vents et marées,
l'aventure continue puisque depuis 1999, deux logiciels sont disponibles en
téléchargement, Udanax Green (seul celui-ci semble pleinement opérationnel) et
Udanax Gold.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;la structure xanalogique du texte&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Tout un chacun imagine le désarroi du type découvrant un beau jour Mosaïc -
le premier navigateur du Web - et ses jolies pages hypertexte. En moins de
temps qu'il ne vous faut pour terminer un compte-rendu de réunion, le génie du
lien réagit et balaie d'un revers de souris le Web et ses pauvres liens
unidirectionnels.&lt;br /&gt;
&amp;quot;On interprète souvent, à tort, Xanadu, le projet original de l’hypertexte,
comme une tentative pour créer le World Wide Web.&lt;br /&gt;
Mais Xanadu a toujours eu une ambition beaucoup plus vaste : proposer une
forme globale et complète de littérature; où les liens ne se brisent pas à
chaque changement de version ; où les documents peuvent être mis côte à
côte, comparés et annotés de près ; où il est possible de connaître le
contexte d’origine de chaque citation ; et qui intègre un dispositif de
droit d’auteur –une convention littéraire, juridique et commerciale-
autorisant, sans conflit ni négociation, la pratique de citation, sans limite
de temps ou de quantité.&lt;br /&gt;
Le Web a vulgarisé le modèle original de Xanadu à une large échelle, mais en
réduisant toutes ces questions à un monde de liens unidirectionnels, fragiles
et toujours prêts à se briser, sans reconnaissance des modifications et du
droit d’auteur, et sans support pour les versions successives ou la
ré-utilisation systématique.&lt;br /&gt;
On y met l’accent sur l’habillage et le tape-à-l’œil, au détriment d’une
structuration en réseau du contenu.&lt;br /&gt;
La littérature électronique sérieuse (à des fins de connaissance, de travail en
coopération ou de débat approfondi) doit permettre des liens bidirectionnels, à
profusion ; et une réutilisation systématisée, s’appuyant sur une
recherche facile à travers les versions et citations.&lt;br /&gt;
La structuration xanalogique du texte est un système unique de mise en réseau
du texte (et des autres composantes médiatiques ).&lt;br /&gt;
Elle comporte deux formes complémentaires de mise en réseau : une mise en
réseau du texte solide et durable (méthode des liens de contenu), et une
ré-utilisation du texte identifiable et visualisable (méthode de la
transclusion). (…)&lt;br /&gt;
Ce système de structuration du texte présente une méthode intégrée originale
pour la gestion des versions, la comparaison côte-à-côte et la visualisation de
la ré-utilisation, qui conduit à un système cohérent et bénéfique de gestion
des droits d’auteur (approuvé en principe par l’ACM). Bien qu’éloignée à un
point presque décourageant des normes qui l’ont emporté jusqu’à maintenant,
cette conception est encore valable et peut toujours trouver une place dans
l’univers en évolution de l’internet. (5)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On le voit, à partir de ses notions de transclusion, transcopyright, enfilade,
ses propositions avancées de gestion des versions de documents (système OSMIC)
et de liens réciproques, Ted Nelson a toujours vu plus loin que ce que nous
permet aujourd'hui le World Wide Web. Mais si l'ambition est une chose, la
simplicité et le pragmatisme en sont d'autres. Les pionniers de l'Internet ont
mis à mal la conception de Nelson, comme ils ont pu le faire par ailleurs avec
celles des ingénieurs en télécommunications. Sans combat frontal.&lt;br /&gt;
Aujourd'hui le projet trace sa route : le &amp;quot;New Xanadu&amp;quot; vise à fondre les
innovations conçues par Nelson au coeur même du Web. L'Histoire
continue...&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/xanadu.gif&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/.xanadu_s.jpg&quot; alt=&quot;Litterary machines&quot; style=&quot;display:block; margin:0 auto;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(1) Le concept d'hypertexte avait été théorisé dès 1945 par Vannevar Bush dans
l'article &amp;quot;As we may think&amp;quot;.&lt;br /&gt;
(2)« Literary Machines 90.1 » Mindful Press, Sausalito, 1990.
(Première édition en 1980)&lt;br /&gt;
(3) Allez savoir ce qu'ont pu avoir en tête les marketeux de France Télécom
lors de l'invention de Wanadoo en 1996 : un bête néologisme anglo-saxon
(&amp;quot;wanna do&amp;quot;) ou bien un hommage discret à l'inventeur de l'hypertexte ?&lt;br /&gt;
(4) Gary Wolf, « The curse of Xanadu », Wired 3.06, juin 1995.&lt;br /&gt;
(5) Extrait de « Xanalogical Structure, Needed Now More than Ever... ».
Communication au Congrès de l’ACM. 23 mai 2000, &lt;a href=&quot;http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/conferen/tasca-2001/extraits-nelson.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;cité ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Liens unidirectionnels :&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La matrice, le site du projet : &lt;a href=&quot;http://www.xanadu.com/&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.xanadu.com&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Toute l'aventure narrée par Wired : &lt;a href=&quot;http://www.wired.com/wired/archive//3.06/xanadu.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.wired.com/wired/archive//3.06/xanadu.html&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Wikipedia : &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Xanadu&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://fr.wikipedia.org/wiki/Projet_Xanadu&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Textes rassemblés par le ministère de la Culture lors de sa décoration comme
officier des Arts et des Lettres en mars 2001 (!!!) : &lt;a href=&quot;http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/conferen/tasca-2001/extraits-nelson.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/conferen/tasca-2001/extraits-nelson.htm&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;

Un article du défunt Transfert : &lt;a href=&quot;http://sitecon.free.fr/wsite/nelson_transfert.htm&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;http://sitecon.free.fr/wsite/nelson_transfert.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/01/31/Xanadu-%3A-le-palais-mythique-du-facteur-Cheval-Ted-Nelson#comment-form</comments>
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      </item>
    
  <item>
    <title>Intelligence collective 2.0 : le savoir au coeur de l'ingénierie du lien social</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/01/22/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-au-coeur-de-lingenierie-du-lien-social</link>
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    <pubDate>Mon, 22 Jan 2007 21:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1994</category><category>communautés virtuelles</category><category>Intelligence collective</category><category>Pierre Lévy</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/2007/art1018-1.gif&quot; alt=&quot;Une des premières traces picturales d'industrialisation de l'intelligence collective&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;Vous ne pensiez pas vous en tirer à
si bon compte, tout de même. Ayant constaté avec perplexité les chiffres de
fréquentation et les commentaires délirants suite à &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/post/2006/11/02/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-comme-nouvelle-infrastructure&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la première partie&lt;/a&gt;, je consens avec une pincée de démagogie à
poursuivre ces quelques réflexions. Attention, je vous conseille vivement de
lire &lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/post/2006/11/02/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-comme-nouvelle-infrastructure&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;la première partie ici&lt;/a&gt; avant d'entamer ce nouveau volet, vous
serez prévenus, pas la peine d'imaginer l'esquisse d'un procès (&amp;quot;suite à la
lecture de ce blog, mon client s'est pris les pied dans la cinécarte et nous en
a fait tout une cosmopédie...&amp;quot;).&lt;/p&gt;    &lt;h2&gt;L'économie des qualités&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce que l'intelligence collective ? « Une intelligence
partout distribuée, sans cesse valorisée, coordonnée en temps réel, qui aboutit
à une mobilisation effective des compétences. »&lt;br /&gt;
A la base de l'intelligence collective, Lévy dégage la notion d'identités
quantiques. On peut prendre la métaphore du gène en biologie moléculaire, de
l'octet en informatique... Les quanta de qualités humaines seront des signes.
Un quantum de qualité sera toujours en rapport avec un acte accompli ou
potentiel, avec un événement réel ou possible. Le rôle de l'ingénierie de
l'humain est de valoriser le moindre de ces actes, de permettre sa négociation,
son évaluation, de le rendre visible.&lt;br /&gt;
La matière première de l'économie des qualités, ce sont les actes et les
potentiels humains. Alors que sur le Territoire, les idées d'appartenance font
bloc, sur l'espace du savoir, les identités sont libérées. On n'est plus
contraint par une identité, la quantique des qualités permet
l'auto-description. L'individu pourra projeter autant d'images qu'il le voudra
sur une variété ouverte d'espaces collectifs.&lt;br /&gt;
Intelligence partout distribuée : tout le monde sait quelque chose, le
savoir c'est ce que les gens savent. Il faut désormais fonder le lien social
sur le rapport au savoir, en posant l'apprentissage réciproque, l'échange,
comme médiation des rapports entre les hommes. Redécouvrir l'autre :
quelqu'un qui sait, des choses que je ne sais pas, qui est une source
d'enrichissement pour mes propres savoirs.&lt;br /&gt;
Intelligence sans cesse valorisée : ce n'est pas le cas aujourd'hui. Les
qualités humaines, comme singularités, doivent être toutes reconnues et
exploitées, comme de véritables ressources énergétiques. Lévy appuie sa
démonstration sur le problème du chômage, qu'on ne peut plus résoudre en
abordant l'individu uniquement sous l'angle de profils de postes ou de métiers
bien définis a priori.&lt;br /&gt;
Coordination en temps réel des intelligences : avec les techniques
numériques de l'information, il va devenir possible aux membres de collectifs
délocalisés d'interagir au sein de paysages mobiles de significations tels que
le fameux cyberespace.&lt;br /&gt;
Aboutir à une mobilisation effective des compétences : c'est toujours
l'idée d'éviter le gaspillage de la matière première principale du nouvel
espace, les qualités humaines.&lt;br /&gt;
Sur l'espace du savoir, l'humain n'est plus qu'un cerveau, qui entre en contact
et compose avec d'autres cerveaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Vers une dynamique des cités intelligentes&lt;br /&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;« Les infrastructures de communication et les technologies
intellectuelles ont toujours noué d'étroites relations avec les formes
d'organisation économiques et politiques. »&lt;br /&gt;
Le projet de Lévy est global, il concerne la société jusque dans son
organisation politique. « Nous développons ici l'hypothèse utopique d'une
démocratie directe assistée par ordinateur – ou d'une agora virtuelle. »
Lévy parle plus loin de « civilité assistée par ordinateur ».&lt;br /&gt;
Le collectif intelligent pourrait devenir la nouvelle figure de la cité
démocratique.&lt;br /&gt;
La dynamique démocratique se décompose se décompose en plusieurs phases :&lt;br /&gt;
l'écoute de l'environnement et de soi : faire émerger la pluralité des
idées, des arguments ;&lt;br /&gt;
l'organisation chargée de distribuer des fonctions et partager les rôles, sans
séparations des tâches, prise de pouvoir mais en incluant le collectif ;
plutôt qu'organisation on devrait parler d'auto-organisation ;&lt;br /&gt;
la décision ;&lt;br /&gt;
l'évaluation ;&lt;br /&gt;
la connexion transversale, qui sert de contrepoids à l'organisation ;&lt;br /&gt;
la vision globale doit malgré tout apparaître des processus moléculaires, elle
constitue la face émergente et globale de l'écoute.&lt;br /&gt;
La démocratie en temps réel s'oppose aux institutions molaires pour devenir une
démodynamique, c'est-à-dire une politique moléculaire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Whouaaaaoo, comme on disait naguère et jadis dans Podium, la prochaine fois, si
vous êtes sages, vous aurez droit aux commentaires du blogueur en
bonuuuuuus !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://www.uzine.net/article1018.html&quot; hreflang=&quot;fr&quot;&gt;La superbe
gravure est extraite de l'article : &amp;quot;Quand l'intelligence collective se
met en branle&amp;quot; - [http://www.uzine.net/article1018.html&lt;/a&gt;]&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
          <comments>http://legrenier.roumieux.com/post/2007/01/22/Intelligence-collective-20-%3A-le-savoir-au-coeur-de-lingenierie-du-lien-social#comment-form</comments>
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  <item>
    <title>Intelligence collective 2.0 : le savoir comme nouvelle infrastructure</title>
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    <pubDate>Thu, 04 Jan 2007 20:19:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1994</category><category>communautés virtuelles</category><category>Intelligence collective</category><category>Pierre Lévy</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;a href=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/levy.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/./.levy_s.jpg&quot; alt=&quot;L'Intelligence collective&quot; style=&quot;float:left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; /&gt;&lt;/a&gt;C'est en 1994 que paraît
&lt;em&gt;L'intelligence collective : pour une anthropologie du cyberspace&lt;/em&gt;.
Un ouvrage qui, à défaut de marquer les foules, m'aura bien fait phosphoré,
ainsi que certains de mes collègues du DESS auquel je participais. Pierre Lévy,
son auteur, décrypte en philosophe qu'il est l'avènement du cyberespace comme
une véritable perspective anthropologique. Rien de moins. Donc très excitant à
l'époque des premières connexions Internet. Je viens de retrouver de vieilles
notes, ce qui va me permettre de vous affranchir dans les grandes largeurs sans
avoir à relire le bouquin. Intéressant de retrouver ces quelques concepts pour
dresser un premier bilan d'étape une dizaine d'années plus tard. A l'heure où
l'on parle beaucoup de Web 2.0, voyons voir si la philosophie peut nous être de
quelque secours.&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Au fondement de la thèse de Lévy se trouvent quatre espaces qui se
superposent comme des couches et au sein desquels l'auteur analyse les notions
d'identité, de perception du monde, d'espace et de temps.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La Terre&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est le premier espace occupé par l'humanité, le temps y est immémorial.
C'est un cosmos où les humains sont en communication avec les animaux, les
plantes, les paysages, les lieux et les esprits. Tout est réel, tout est
présent, le nom marque l'identité qui elle même se forge au travers de clans,
filiations et alliances. C'est un monde de correspondances, pour reprendre
l'expression chère à Baudelaire, dans lequel le signe n'est jamais séparé d'une
présence. Ce monde nous touche encore, il organise notre imaginaire et notre
affectif.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Le Territoire&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Depuis le néolithique, le Territoire travaille à recouvrir la grande Terre
nomade, la repousse aux marges, il entretient avec elle un rapport de prédation
et destruction. L'homme devient un habitant sédentaire et l'adresse symbolise
son identité. Apparaissent l'Etat, l'agriculture, l'élevage, l'écriture... Le
lien entre le signe et la chose est différé, cette transcendance du signe est à
l'origine des hiérarchie politiques et sacerdotales. Nous entrons avec le
territoire dans le temps linéaire de l'histoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'espace des Marchandises&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L'argent est au centre de cet espace : le capitalisme transmute en
marchandise tout ce qu'il parvient à entraîne dans ses circuits, mais il ne
fonctionne que grâce à l'Etat territorial. Ce nouvel espace organise les
précédents selon ses propres fins. Le capitalisme a instituté l'économie comme
dimension inéliminable de l'existence humaine. Les individus sont désormais
redéfinis par leur rôle dans la fabrication, la circulation et la consommation
de choses, d'informations et d'images. Les signes de l'identité deviennent
quantitatifs : revenu, salaire, compte en banque. Le signe est
déterritorialisé, il est indéfiniment reproduit et diffusé par les médias, il
est d'ailleurs tellement décontextualisé qu'on en oublie le référent,
l'original. Dans la Société du spectacle, tout le réel et passé du côté du
signe. La figure dominante est celle des réseaux, car le capitalisme est
planétaire. Diffusion directe, contacts instantanés, on s'approche du temps
réel, mais on ne l'atteindra pas en accélérant encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'espace du savoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il n'existe pas, c'est au sens étymologique une u-topie, un non lieu. Mais
il est déjà virtuel, en attente de naître. Il n'a pas encore pris son
autonomie. Sur ce nouvel espace l'identité se forge au sein d'intellectuels
collectifs (IC), dont un prémice pourrait être constitué par les arbres de
connaissances (Lévy fait référence ici à un livre précédent, écrit avec Michel
Authier et qui, à ma connaissance, avait donné lieu à plusieurs
expérimentations). Ces intellectuels collectifs émergent, se connectent, se
déplacent, mutent, ne cessent d'apprendre et d'inventer, bref ils vivent leur
vie. Comme dans un jeu vidéo, l'identité de l'individu s'organise autour
d'images dynamiques, images qu'il produit par l'exploration et la
transformation des réalités virtuelles auxquelles il participe. Mais un jeu
vidéo a des règles fixes, alors que l'intellectuel collectif remet en jeu
constamment les lois de son univers. On peut donc dire que les membres d'un
intellectuel collectif sont à la fois concepteurs et acteurs. L'individu peut
avoir plusieurs identités s'il participe à plusieurs IC (non là Levy ne parle
pas forcément de votre adresse Hotmail cachée) et se compose ainsi un
« blason de sapience ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Coexistence des quatre identités&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chacun de nous (même toi cher lecteur) possède les quatre types d'identité,
même si la première est oubliée et si la quatrième n'apparaît pas encore. En
fait, l'identité pleine traverse les quatre espaces : l'espace du savoir
pourrait ainsi nous faire retrouver la Terre. Il serait alors le lieu d'une
prise de parole continue, effective, capable de changer la réalité, donc pleine
de sens.&lt;br /&gt;
Les IC secrètent leur propre durée et le temps n'est donc plus considéré selon
un étalon extérieur, l'horloge. Toujours à l'état naissant, l'espace du savoir
fait émerger des actes et des histoires singulières qui animent les IC. Il
n'est jamais structuré a priori. On ne peut le partager, le délimiter comme le
Territoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Comment naviguer dans ce nouvel espace : outils&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Un nouvel espace, c'est bien beau, mais comment y allons-nous vivre ?
L'être humain a besoin de moyens de repérages pour se constituer une identité
et envisager une action. Chaque espace dispose de ses propres moyens de
navigation : la Terre a le portulan, le Territoire la navigation
astronomique et l'espace des marchandises les statistiques et les
probabilités.&lt;br /&gt;
L'informatique les outils de l'espace du savoir, et donc par là-même procurer
les conditions de création de ces espace, le dater. Le monde virtuel d'un
Intellectuel Collectif est une carte, un instrument de repérage et
d'orientation qui renvoie à un espace réel, celui du savoir vivant. Pierre Lévy
parle de &lt;strong&gt;cinécarte&lt;/strong&gt; : comme l'indique son étymologie,
c'est une carte « animée », à l'image de l'univers dont elle rend compte,
elle permet en effet de représenter l'univers informationnel qui ne souffre pas
de normes immobiles. On peut imaginer une interface graphique munie d'icônes et
de liens hypertextes où tous les usages seront en interaction constante et
contribueront à la remodeler.&lt;br /&gt;
Sur ce quatrième espace, le savoir est immanent à l'intellectuel collectif. Il
y a donc renouvellement épistémologique des objets de connaissance. Le savoir
ici ne peut être que collectif, constitué d'une texture de devenirs singuliers.
Il n'est plus consigné à jamais dans les livres, il est sans cesse mouvant. Il
devient le critère essentiel de l'existence de chacun.&lt;br /&gt;
La &lt;strong&gt;cosmopédie&lt;/strong&gt; est le nouveau type d'organisation des
savoirs : un espace multidimensionnel de représentations dynamiques et
interactives. Alors que l'encyclopédie prétend faire le tour (cycle) des
connaissances, la cosmopédie prétend construire un « ordre » (cosmos)
sur la base du savoir. Toutes les formes d'expression servies par
l'informatique, et pas seulement le texte, entrent dans le cadre de la
cosmopédie, qui est en perpétuel mouvement, à l'image des cinécartes. La
cosmopédie, à l'inverse du Territoire qui sépare, et de l'espace des
marchandises qui brouille les significations, propose un continuum entre les
connaissances pour former un ensemble enfin cohérent. « La cosmopédie
dématérialise les séparations entre les savoirs. Elle dissout les différences
entre les spécialistes. » Chacun participant à la génération du savoir,
les dimensions de lecture et d'écriture sont en intime interaction. Chacun
secréte son propre savoir, qui est en relation avec les autres. Chacun est
impliqué dans cette nouvelle organisation sociale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bientôt la suite : &amp;quot;le savoir au coeur de l'ingénierie du lien social&amp;quot; (là
je sens que vous salivez, vous ne pouvez pas le nier).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>Le téléphone et l'électronique</title>
    <link>http://legrenier.roumieux.com/post/2006/10/28/Le-telephone-et-lelectronique</link>
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    <pubDate>Sat, 28 Oct 2006 11:01:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>Olivier</dc:creator>
        <category>rétro-prospective</category>
        <category>1956</category><category>téléphone</category>    
    <description>&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://legrenier.roumieux.com/public/ericofon600.jpg&quot; alt=&quot;Ericofon 600&quot; style=&quot;float:right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; /&gt;M. EUGENE THOMAS, secrétaire d'Etat aux
PTT, a visité hier vendredi, avec un groupe de journalistes qu'il avait
conviés, le Centre national d'études des télécommunications à
Issy-les-Moulineaux.&lt;br /&gt;
La technique des télécommunications est sans doute l'une des plus savantes, et
elle a pris une importance considérable au cours de ces dernières années ;
elle ne se limite plus au télégraphe et au téléphone et englobe maintenant la
télévision, la transmission phototélégraphique, le radioguidage et toutes les
applications de l'électronique dans les procédés de remplacement de la
mémoire.&lt;br /&gt;&lt;/p&gt;    &lt;p&gt;Au Centre national d'études des télécommunications, on envisage de confier à
des systèmes électroniques des tâches simples et cependant très utiles. Il
suffira, par exemple, qu'un dispositif « sache » qu'un abonné
téléphonique a chnagé de numéro pour que le dispositif voisin chargé de diriger
les appels soit « averti » chaque fois que cet abonné sera demandé,
et agisse en conséquence.&lt;br /&gt;
La technique moderne du téléphone s'oriente vers la commutation électronique.
Grâce au petit dispositif à cristal de germanium que l'on appelle transistor,
le temps n'est pas éloigné où, dans les centraux téléphoniques automatiques,
les systèmes électromécaniques seront remplacés par des dispositifs purement
électroniques. De nombreux avantages en découleront, notamment une baisse
notable du prix de revient, une réduction considérable de l'encombrement et une
grande simplification des opérations d'entretien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
(28-29 octobre 1956) – Il y a 50 ans dans Le Monde. Le Monde daté du samedi 28
octobre 2006.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En photo : &lt;em&gt;Pendant plus d'un demi-siècle, Ericsson a dominé la
production de postes téléphoniques. Il a surpris tout le monde avec son
téléphone monobloc révolutionnaire, fabriqué en 1954, mais dessiné à l'origine
par Ralph Lysell en 1941. Appelé Erica aux Etats-Unis et visant la clientèle
des ménagères, il a été beaucoup critiqué pour sa forme phallique.&lt;/em&gt;
(extrait de Téléphones : un florilège / Paul Clark. - Paris : Gründ,
1998. - Photographie : Guy Ryecart).&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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