« L’homme est dépassé par
l’extension de son propre savoir. On arrive à un point où il serait plus
rentable de dépouiller les documents existants que de faire de nouvelles
recherches ». Ce constat définitif date de 1966 et provient de la
plume de François Derrey, l'un des collaborateurs de la revue Planète.
Cette citation est extraite de l'un des neuf billets consacré par le
Dernier blog à cette revue parue de 1961 à 1971 (selon deux séries) et
qu'aujourd'hui il serait difficile dans le contexte lexicographique de ne pas
traiter de « culte ».
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Relisons
ensemble les déclarations de grands hommes et femmes concernant notre futur.
C'est savoureux, non ?


Commander ses vêtements de chez soi, gérer ses
comptes à distance ou encore faire confectionner ses repas par l'ordinateur,
tout cela avait été imaginé dès 1967 dans un petit film de marketing
prospectif. Un utile rappel pour ceux qui auraient oublié que la société de
consommation a précédé la société de l'information.

J'ai revu l'autre soir
Wargames (John Badham, 1983) et je m'en vais vous narrer ce mythe
fondateur, à l'origine de nombreuses vocations. Alors si aujourd'hui
vous travaillez chez Microsoft alors qu'à douze ans vous vous rêviez en pirate
des réseaux, cette relecture est pour vous.
Aujourd'hui je vais tenter de vous parler
d'un mec vraiment barré, d'un pionnier qui a vu le futur, mais avec les
lunettes de travers sur le pif. Un destin tragique, bien qu'il ne soit pas
encore décédé et croit encore dur comme fer avoir les bonnes lunettes. Ted
Nelson est rien de moins que l'inventeur de l'hypertexte dès 1965 lors de la
20ème conférence nationale de l'Association of Computer Machinery (« Une
structure de fichiers pour le complexe, ce qui change et les intermédiaires »)
(1). Rien qu'avec ça au tableau de chasse moi je veux bien aller me coucher et
laisser la place aux jeunes. Mais Nelson ne s'est pas contenté de forger un
néologisme, il a imaginé tout le système technique et documentaire qui va
avec.